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Une photographie de Yann Beauson |
PASSAGES...
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Passages Un grand fleuve y passe
et passe encore
flâne entre les quais ombreux
traverse la ville
au long dautres berges musarde
entre herbages et rocs
traverse la ville
se mêle à des eaux campagnardes
les emmène au loin
là-bas vers quelque polder
et se jette dans la mer
sy jette encore
et encore
sans cesse renouvelé
sy jette encore
**
Je passe ici moi-même
je ne fais que passer
sans savoir où me mène
la flânerie sur les quais
ou dans la campagne éblouie
Mais il a tort, Apollinaire:
cest moi qui passe
et cest leau qui demeure.
Revivre loublié
Naissance de lherbe
de lagneau
vol quaternaire de loiseau:
un ancien jardin renaît de ses cendres. Naissance de larbre
de latome
première luminosité
premier geste
première terre
Revivre loublié Le fil de trame à jamais cassé
puisque tout casse
Lantique soleil à jamais lassé
puisque tout lasse
Tout est passé
tout passe
Revivre est ce passage
vers loublié.
Ton absence Ton empreinte est ici
Les objets conservent ton silence
et ne parlent que par signes
La pluie a succédé aux neiges de Carnaval
La terre est hivernale,
imprégnée des mots
que personne ne prononce.
Ton absence est ici, la trace de ton pas hésitant et le frôlement de tes doigts, tout cela reste à peine. Il se tisse une absence de toi
parmi ce que tu aimais,
ce que tu avais assemblé pour vivre,
vivre un instant de mort différée
Ton passage est ici
Les objets jalonnent ton chemin dombre,
il reste un parfum de verveine
mais à peine
Il reste ton absence.
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Renée Laurentine |
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