Une photographie de Stéphane Popu

Ombres chinoises

par Marie-Françoise Vandenberghe

Ombres chinoises

Sommaire

 

Au premier plan, la Lumière qui dissout toute souffrance...

Mais avant Elle,
La saveur de mille plats dégustés.
Et dans l'enfance, une cuiller de porcelaine bleutée,
qu'une petite fille curieuse de la matière

Rêvait de saisir

Une architecture dorée, dans la lumière
Un empereur enfant, une Révolution culturelle...
Ces ombres d'avant-hier
Un Homme admiré. Ses poèmes - rares - pris et remis...
Découvrir Mao. A quinze ans.
Et prendre une toile rouge pour emblème.
Un philosophe qui se perde dans l'Un... Un paysage si lointain...
Quel rêve pour l'amante de la Lumière.

Et pourtant
Sympathie et jalousie
Car dans les volutes du thé de Chine, je n'avais pas vu le vol, le vol de
mon esprit, la dérobade de mon âme,
la femme de l'Empire du Milieu qui, dans mon foyer s'est introduite,
m'a pris mari... Amant... Enfant... Ma chair... Mes souvenirs... Mes
amis...
On peut ne plus aimer et mal guérir de son passé.
Cancer qui me ronge,
Tu me fais moitié moins mal que cette femme dont le bonheur innocent
Masque le mal que je me donnai à fabriquer
Pour tous les miens
Par un ancien après-midi de noël
Le gâteau de riz au huit trésors.

.