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Café noir renversé sur le trottoir,
danse l'ombre des neuf femmes aux " au revoir ",
Chacune emporte avec elle son malaise réprimé
Comme une kyrielle de secrets tenu au garde-à-vous.
Parmi elles mon corps sans coeur, pendule comtoise sans balancier,
Câliné par une douce lumière orangée,
en poussières difractée.
Le froid grimpe lentement au tuteur de mes jambes,
Et la nuit m'ensorcelle comme un revenant réduit aux abois
du silence le jour,
Qui s'impose à cette heure en laissant filler les hurlements
de sa marmaille : tapage nocturne
Me voici intriguée par la douce lumière orangée,
en poussières difractée.
Soudain l'écho tsunami d'une larme de fond coule en moi.
Une minuscule fenêtre grillagée s'éclaire, confessant
l'horizon emmuré d'une ombre qui tourne en cage en s'agrippant
pour profiter de nos éclats de vie,
Eclairés par la douce lumière orangée, en poussières
difractée.
Dans la froideur de la pale lueur carrée solitaire, voici
venir à moi
barbelés et clôtures.
Mon corps dissous d'angoisses perspire le squelette de mon esprit...
mutin passe muraille à l'épreuve des remparts.
La nuit m'écrase, me désagrège de tout le poids
de son imposture hypocrite.
Je réalise que je suis comme cette ombre qui a laissé
s'enfuir un râle fantôme de ses profondeurs,
Et je te maudis douce lumière orangée qui brandit
le mirador de ta prison amarre, comme un clocher ordonnateur.
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