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Wer reitet so spät
durch Nacht un Wind ?
(Goethe)
Le vent traduit du vent, une voix poursuivant l'autre, variant sur
l'autre voix et proposant ainsi la leçon des ténèbres.
Au galop de ces quatre temps, le père et l'enfant entrent
dans la captation de l'ombre. Ce qui trouble l'étendue --
la nuit peuplée de ces retournements minuscules, de la multitude
de catastrophes de détail dont la résonance donne
corps à l'invisible -- c'est cette voix de feuilles, la violente
respiration de la nuit qui dans la peur infime interfère
avec leurs souffles et les sépare, le vent perplexe et de
traverse par quoi le monde se réunit et s'accorde parmi le
coeur à l'agrandissement de l'espace et au remuement des
feuillages du dedans.
Dehors la nuit est déliée, elle dérive avec
lui qui malgré lui l'imite. Le père est au milieu
d'une vitesse inutile: il restera sur l'autre rive et l'enfant seul,
celui de l'ombre en qui l'ombre s'étend, lui seul entend
la voix qui s'enfle et dénoue la tendresse, le murmure de
l'abstracteur. Le vent l'ouvre à la transfusion de l'ombre.
L'obscurité de ses propos tient à cette double prosopopée.
Au milieu des quatre temps du galop, il est englouti dans ce qui
s'ouvre et qui ne portait pas l'accent: le père ne tient
plus dans ses bras que ce qui fut traversé.
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