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C’est la nuit du Jazz-Salsa
la nuit aux revers de syncopes.
Mes gestes d’insomnie
ne tapagent plus dans ce bar américain
où frisent quelques queues de comète.
Je sens l’ondulation impure
des filles aux seins visibles,
comme secoués
par les rails de la musique.
Le videur dégoupille
un sabre de champagne
et fait pétiller la table d’honneur.
Dans une pluie d’atomes discrets,
je brille le temps d’une passe -
à peine tronquée
par le trombone aux vibratos de cuivre
(...)
C’est la nuit du Jazz et de la Salsa,
la nuit aux revers de syncopes.
Dehors, l’orage
bleu comme la mort
a levé toutes les voiles.
On renifle quelques chiens perdus
et une poignée de petites femmes
collées à l’amour jeune
qu’elles serrent des deux mains.
Dans les atomes presque vides
de la piste, éclatent les cuisses
serties de codes à fleur de peau
consacrées et déconsacrées
par les vieux qui suivent
le pas chassé des copulations à venir.
C’est la nuit du jazz !
étang à peine posé
sur les secousses du silence ;
La nuit applaudie par des mains
qui toucheront minuit.
La nuit ouverte
à ses vents inspirés
et au seuil de l’alcool
Saint-François n’est pas venu.
On a refusé l’entrée
aux joueurs de Blues.
Et du bout de la nuit,
quand le matin pose ses couleurs
d’eau,
on ne dit plus bonsoir...
C’est la nuit du jazz et de la salsa,
La nuit des revers de syncopes.
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