Une photographie de Catherine Merdy

Prière d'exilé

de Pascal-Ludovic Saissi

La nuit

Sommaire

 

Voici un Monde où je nais

à moi-même chaque jour ;

Il vole le feu pour répudier

ses vierges et leurs cousines

au trottoir des tapins réguliers.

 

Pourtant, un parfum de femme,

quelques bagues aux doigts,

un frisson bleu de la hanche

peuvent rapatrier son printemps

et dresser l’érection humaine

jusqu’aux astres éternels. 

 

Quand je m’endors au creux d’elle

ma sueur pleure

sur ses syllabes civiques

La mémoire est mouillée,

Mais c’est trop tard (...)

 

Dans l’orgueil des filles maquillées

trotte un cheval qui branle l’été

sculpté par le vent oblique

d’une nuit fermée à la croupe,

lacérée d’amour.

 

Le monde meurt d’envie

gonflant son sexe universel.

 

Mon île meurt de distance

à petites goulées,

 

espérant une autre promesse

au carrefour des lèvres et des visages.