Une photographie de Catherine Merdy

Nuit d'orient

d'Anaka

La nuit

Sommaire


Me glisser dans un salon tapissé de nattes persanes et de soieries imprimées d'or et d'argent.

Un silence moiré s'époumone tout autour à ne pas se dire,
Des odalisques alanguies abandonnent leur regard au néant,
l'affolante luxuriance des couleurs
et des lignes entrelacées
semble avoir absorbé jusqu'à la dernière étincelle de leur éveil.
Sont-elles mortes, ces beautés épanouies,
ou seulement endormies ?
Peut-être que leurs songes eux-même se sont affranchis
de leurs esclaves trop soumises,
et qu'ils voguent vers d'ailleurs sans entrave.
Je caresse l'étoffe soyeuse du rideau déployé,
et j'enfouis mon visage dans les plis abondants.
C'est doux,
une langueur m'insinue et ploie mes genoux.
Je me sens ondoyante et légère,
mes pas frôlent les fibres moelleuses
et je suis fibre moelleuse,
je suis rideau soyeux,
je suis entrelacs de traits fins et courbés,
arabesque d'émotions emmêlées...