Une toile de Yfig

Océan

par Philippe Vallet

La mer, amère ?

Sommaire

 

J'écoutes la lune sur la plage

promenade entre les étoiles

agripper à ses mots.

Nous sommes les naufragés de nos impossibles

des paroles dites pour rien

le vide sans fin nous attire

nous attise

excite nos respirations.

Nous lançons vers le ciel

un cri sans échos

le grincements de nos mots

en clameurs désarticulées

sont pantins de nos langues racornies.

Aux barbelés d'une parole muette

nos mains déchirées ensanglantent les pierres de nos sentiers

aucune porte

tous les mots nous hantent

ils sont les fantômes de nos chaînes

tenant l'anneau de nos servitudes

la paille de nos cachots encombre notre bouche.

Respiration

poser le souffle

la partitions de nos pas

au tremblement d'une voix qui secoue le silence

de nos regards religieux

écouter les mots d'un accord

ceux d'un bruit cachant seulement nos inquiétudes

agitations

courir ?

De grèves en horizons ne plus connaître le repos

poursuite d'une ombre ignorée

elle nous singe

mes mains gardent-elles l'équilibre ?

Elles proposent sur l'air

et dessinent rapidement tous les mots du monde

existe-t-il plusieurs langues ?

Puis dire le monde et sa vie

une vie d'homme peut-elle répondre aux questions que pose la course

poursuite

que se partage l'histoire et l'horizon.

Le temps se donne-t-il au souffle pressé?

Il immobilise en haleine une pulsation venu du profond du sang

irrigant l'ombre de nos cellules

la nuit change-t-elle au jour qui meurt ?

Seulement se déplace

nos désespoirs en rêve renouvellent nos incertitudes

chaque réveil

ouvre un cadeau

une question sans réponse

sans autre réponse

patiente certitude

réponse de labeur.