Une toile de Yfig

Contre

par Cléo Thallie

La mer, amère ?

Sommaire

Le vent secoue ses contres. Vents contre marées, oiseaux contre horizon. La ligne, là bas au loin, casse sa géo-monotonie. Le ciel secoue sa voûte. Il est eau, il est rage, il fait ployer ses lourds nuages.

Vents contre immobilité, l'oeil du cyclope cligne de son unique. Il cille un peu et le vent rejoue sa gamme en souffles, en sifflets, en soufflets sur la joue d'océan.

La plage est tempête de sable. Petites pierres ridicules qui strient la joue de l'enfant pris au piège du vent.

Les parasols s'envolent tourbillonnant. L'eau n'est plus tranquille voici qu'elle s'assombrit.

Aux pieds de l'enfant, le sable se fait mouvant, poulpe géant qui s'enroule aux chevilles fragiles. La mère est loin. Elle s'occupe de l'oeil sans voir le pas du géant qui s'en vient lentement piétiner son enfant.

Il crie comme les oiseaux marins, il pleure, il a peur.

Elle le voit enfin, chair de son sang, englué dans la matrice, la vague là bas qui grossit, obèse, qui court, maladroite vers lui, petit, si petit.

Elle rugit, elle est la mère. Elle court elle aussi en criant, sa rage est semblable à l'autre immensité.

Elle le rejoint. L'enfant est tremblant. Elle l'arrache de l'élément, le prend dans ses bras et court encore vers la dune navire d'espoir.

Et la vague pointe ses crocs. Elle est ogresse, elle a faim. Elle veut pour les manger.

Haletants, au sommet de la pyramide d'occident, la mère et son enfant regardent l'écume s'en venir mordre jusqu'à mi hauteur les flancs de la monture de sable.

Le vent rentre ses contres.

Là haut, la mère serre l'enfant. L'horizon perd peu à peu de son opacité. Un coin du ciel au loin, déchire de son immensité.

Deux vies contre vents. Et marées.