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Les amermifères se rongent les songes à livres ouverts,
Sur les pages arrachées des chants sifflés du fol-air.
Voyageurs sans boussole, en rade entre quais et jetées,
Ils s'ignorent, le menton ancré dans leurs cache-nez.
Lourds d'histoires rangées au creux de leurs vagues à dos,
Ils détonnent de solitude en écho du son des rouleaux.
Leurs corps gravent le vide au long des lignes d'écume,
Et se fondent en gardes flous dans les bancs de brume.
Tous pieds amarrés sur un tapis de sable froissé,
Ils aspirent jusqu'au tréfonds les humeurs salées.
Désormais chavirés, saoûls jusqu'à la houle,
Noyés dans leur bain de foule,
Ils déquillent de cour, de bâbord vers tribord,
Carénés d'oubli, en derniers commandants à bord.
Alors les chairs font relâche de leurs âmes.
Elles traversent les champs de la plaine océane
Pour se mêler aux ailes des mouettes
Qui parlent au ciel en criant à tue-tête.
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