Une photographie de Yann Beauson

Merlette

par Paul Raucy

Bestiaire

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De même le ciel est gris. Le vent agite autour de la discrétion même -- merlette en coin qui tend le cou, pour voir venir -- le souvenir d'un temps qui avait plus d'éclat: fantômes des frondaisons par dessus des murs de briques, et le mumure pâli des feuilles aux branches. Novembre mais doux.
Elle ne voit rien de qui la voit, de qui vole pour un bref roman la torsion si parfaite du cou, le retroussis des plumes.
Eut-elle des amours brutales peut-être, des cris dans le laurier?
Mais par terre auprès du fusain, qu'elle penche ainsi la tête, et voici qu'elle avoue, brune et grise, et pourtant retient tout l'abandon.
O parfaite épouse du merle de mélodrame.

Paul Raucy
(février 2003)