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La route bleue qui traversait
notre jeunesse
avenir
devait aller jusqu'aux confins de la vieillesse
s'endormir
une embardée dans les fossés de la lumière
le corps complice a trahi.
La lave rouge
s'est répandue impitoyable
en silence
jusqu'au matin où des phrases insupportables
déchirance
ont écorché le peu qu'il restait de notre âge
contre les portes d'impuissance.
Il a fallu tant
de tendresse dans nos mains
tant d'espoir
pour s'en aller quand même sur le même chemin
notre histoire
jusqu'à la borne où chacun va vers son destin
à la frontière des miroirs.
Tout doucement
tu as lâché nos doigts meurtris
le chagrin
m'a emporté dans les sables de la folie
nuit sans fin
loup solitaire hurlant au soleil interdit
son cri pitoyable et maudit.
L'album blessé
de tes rires et de tes larmes
tes douleurs
laisse échapper un ruban noir qui calligramme
sur mon cur
l'oiseau vaincu qui avait grandi dans les pages
de notre bonheur.
La route bleue
qui traversait notre jeunesse
Avenir
Devait aller jusqu'aux confins de la vieillesse
s'endormir
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