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Amandine - Oui. Exactement. Toi il faut toujours que tu transformes
les grands moments en farce ridicule. Même une rose même
pas fanée tu l'offres mal.
Justin - C'est de naissance. Je suis allergique aux cérémonies.
Quand je sens venir le dimanche, il me pousse des boutons.
Amandine - Donc, tu n'offres jamais de fleurs.
Justin - J'évite, autant que possible. Question de finances.
Ca me coûte cher en médecin, moi.
Amandine - Il est vétérinaire ! Et moi qui me faisais
un plaisir de te plaire.
Justin - Justement. Tu sais, c'est immoral de séduire un
homme marié.
Amandine - Il n'a qu'à résister, l'obsédé.
Justin - Un homme, ça ne résiste pas. Les femmes,
oui. Elles se font désirer. Mais un homme, ça donne.
Même dans le vide, ça donne.
Amandine - Alors, là, tu me désires ?
Justin - Pas pour le moment, non, mais ça pourrait revenir
d'un moment à l'autre.
Amandine - Parles pas de bonheur, ça porte malheur
N'empêche que lui, il m'en offre.
Justin - Quoi ?
Amandine - Des fleurs. Et des belles, avec des jolis mots autour,
des mots d'amour si tu veux savoir.
Justin - Bien. Comme ça, moi, au moins, je ne te mens pas.
Amandine - Mais tu ne peux pas mentir, toi, tu ne dis rien. Si,
tu mens plus que tout le monde : tu mens par omission.
Justin - Il faudrait savoir.
Amandine - C'est tout su.
Justin - Bon. Et si on se mariait ? Là maintenant. Ca te
plairait ?
Amandine - Tu es déjà marié.
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