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Une course de plus pour le beau Joachim. Tous les muscles dehors,
le fouet claque sur ses reins. Il y laisse des marques rouges en
zébras. C'est Lucie qui tient les rênes assise dans
la carriole, comme elle aime tant le faire. Et comme ça traîne
un peu, elle s'en donne à cur joie.
On file tout droit sur la colline, et ça cahote sur les
pierres. Pourtant, en chemin, on sarrête. Joachim s'est
figé comme une barre glacée face à une demeure
élancée et massive.
Il y a un jardin sur le côté et une cheminée.
Ca serait un bon endroit pour passer un moment, avoir des enfants,
fonder une famille, bronzer sur des chaises longues, et peut-être
vieillir un peu.
Mais Lucie simpatiente. Elle n'a pas que ça à
faire. Il dit "attends", pour gagner du temps, la barrière
est fermée, "Je refais mon lacet
je fais des étirements".
Elle tape du pied, et les mains sur les hanches. C'est est trop
maintenant : "Bon, c'est fini?"
La façade est jolie. Elle a des détails, des fissures,
des contours. Il faudrait pouvoir la visiter en entier. Derrière,
on installerait une piscine et une fontaine pour les oiseaux.
Mais Lucie est partie avec son petit sac à main et son ombrelle.
Elle a repris la route. Et lui, il reste un instant sur le perron,
les mains dans les poches
et puis il se lance, tout d'un coup,
à sa poursuite, harnaché en pur sang du dimanche,
bringuebalant dans les virages et appelant, de loin : "Lucie,
mais enfin, Lucie !"
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