Une photographie de
Yann Beausonu

Avancer... ou pas

de James

A vos amours...

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Une course de plus pour le beau Joachim. Tous les muscles dehors, le fouet claque sur ses reins. Il y laisse des marques rouges en zébras. C'est Lucie qui tient les rênes assise dans la carriole, comme elle aime tant le faire. Et comme ça traîne un peu, elle s'en donne à cœur joie.

On file tout droit sur la colline, et ça cahote sur les pierres. Pourtant, en chemin, on s’arrête. Joachim s'est figé comme une barre glacée face à une demeure élancée et massive.

Il y a un jardin sur le côté et une cheminée. Ca serait un bon endroit pour passer un moment, avoir des enfants, fonder une famille, bronzer sur des chaises longues, et peut-être vieillir un peu.

Mais Lucie s’impatiente. Elle n'a pas que ça à faire. Il dit "attends", pour gagner du temps, la barrière est fermée, "Je refais mon lacet… je fais des étirements". Elle tape du pied, et les mains sur les hanches. C'est est trop maintenant : "Bon, c'est fini?"

La façade est jolie. Elle a des détails, des fissures, des contours. Il faudrait pouvoir la visiter en entier. Derrière, on installerait une piscine et une fontaine pour les oiseaux.

Mais Lucie est partie avec son petit sac à main et son ombrelle. Elle a repris la route. Et lui, il reste un instant sur le perron, les mains dans les poches… et puis il se lance, tout d'un coup, à sa poursuite, harnaché en pur sang du dimanche, bringuebalant dans les virages et appelant, de loin : "Lucie, mais enfin, Lucie !"

James