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Du bout des doigts je longe la soie je monte au noir, de tous mes
doigts vers ce lieu d'où l'on ne revient pas où l'on
s'écarte avec joie, où l'on ne crie pas au secours,
où l'on mord à pleine bouche le sacre noir du désir,
le sacre rose du plaisir le sacre bleu de la vie. Ou alors si l'on
en revient
c'est pour dire merci!
on y aura laissé bien sûr un rien de soi pendu au
bord du nid, taché au fond d'un pli, un petit rien tout gris.
Au bord des plumes vertes et des soies mouillées une griffe
bien ancrée, un rien tout pâle au fond des yeux..
Dois-je brûler cette soie qui me dévore, soie des
détours des nuits d'errance soie déchirée d'inespérance,
soie des non il ne faut pas, de tes yeux qui zieutent sur moi, qui
traînent où l'on ne devrait pas, qui fouillent mon
âme et mon destin en passant par mes instincts.
Soie licencieuse de ta peau qui accouche sous mes draps, mais qu'est-ce
que cette soie ? Mais voyons, l'irrévérence ! un petit
rien tout rance. Soie des je sais qu'il ne faut pas mais je m'en
fou quelle importance.
D'un geste lisse sur l'indécence je longe aveugle sans me
presser ta joie, ton doux frisson mouillé, la nuit qui monte
à ton miroir sous cette soie des désespoirs où
j'étourdis mes jours sans nuit où je voudrais mes
nuits sans jours.
D'un geste bleu sans convenances je longe aveugle je mords je meurs
au cri abdiqué de tes soies
je m'égare le cur...
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