Une photographie de
Yann Beausonu

Songe de nos nuits d'été

d'Anaka

A vos amours...

Sommaire

 

Mes gémissements ont réveillé l'enfant endormi au bord d'un bras de mer. Le lait coulait encore des commissures de sa bouche pleine. L'ange qui le berçait a laissé une plume courir au creux de mes reins cambrés..
J'ai fermé les yeux pour dessiner le lent parcours de tes mains empoignant à pleines paumes ma croupe callipyge.
Rêve d'aile.
Un souffle a réchauffé le frisson depuis le creux de mon ventre allumé, jusqu'à la raie de mes fesses offertes comme deux oiseaux aux ramages mouillés, battant la mesure de mes turgescentes visions.
A travers les replis de mon sommeil éveillé, mon sexe s'envole à tire d'aile, cuisses largement écloses sur mon bouton de rose.
L'ange a souri. J'ai vu sa longue langue luisante entre ses dents pointues Un doigt de fée a posé son accent grave sur ma fente en vertige.
Ma bouche tremble, mes lèvres s'écartent, gonflées de promesses et de fruits pourfendus.
Croque ma pomme. Suce mon noyau jusqu'à la tomme de ma fission nucléaire.
J'ai longé le lac paisible. Une plume flottait, et le cygne qui l'avait perdue me lançait des baisers claquants.
Miaule, ma chatte
J'ai ondulé sur le bord de la rive comme pour épouser la cadence de son grand cou gracile. Mes pas dansaient. Mes seins pointaient en arrogants pavillons sous mon tee-shirt soyeux.
Le tissu crisse, mes tétons dardent et ton dard se tend.
La femme qui passait avait le visage découpé. Un panier en osier et une galette encore tiède qui fumait.
Le tissu crisse. Laisse ta main glisser sur mes rêves coulissants.
L'odeur du beurre chaud m'a coulé dans les veines. Ma salive faisait fondre le gâteau depuis son paquet noué.
Le suc coule le long de la chair échauffée. Lèche ma plaie béante, et broute à pleine bouche mon potager secret.
Râle. L'orage frotte à mon ciel éclaboussé
Elle a eu la fève. C'était un oiseau noir aux ailes défroissées comme les replis de ma chair contre ton sexe dressé
J'ai ouvert grands les yeux, pour que tu m'aimes de ton regard qui voit.
Que même dans l'abandon nos yeux ne se quittent pas.
Que nos pupilles se touchent, à tâtons aveuglées de désir
Que nos cils érectiles se frôlent et s'emmêlent au clos de nos baisers
Un homme a traversé devant moi, proche à me frôler.
J'ai entendu sa voix comme une mélopée, " Il faut combattre le dragon. "
Enflamme mes sens et brûle mes orifices.
Ne peut-on faire alliance avec son dragon ?
Tu as soif. Tu me lèches. Je te désaltère
Ma sève en cascade a noyé ton flambeau phosphorescent.
J'ai ouvert grand les yeux pour me jouir au plus profond de tes pupilles écarquillées, exploser en myriades au beau milieu de ton iris dilaté. Ton regard tangue et je gis sur les flots d'une marée de pleine lune.


 

Anaka