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Mes gémissements ont réveillé l'enfant
endormi au bord d'un bras de mer. Le lait coulait encore des
commissures de sa bouche pleine. L'ange qui le berçait
a laissé une plume courir au creux de mes reins cambrés..
J'ai fermé les yeux pour dessiner le lent parcours de
tes mains empoignant à pleines paumes ma croupe callipyge.
Rêve d'aile.
Un souffle a réchauffé le frisson depuis le creux
de mon ventre allumé, jusqu'à la raie de mes
fesses offertes comme deux oiseaux aux ramages mouillés,
battant la mesure de mes turgescentes visions.
A travers les replis de mon sommeil éveillé, mon sexe
s'envole à tire d'aile, cuisses largement écloses
sur mon bouton de rose.
L'ange a souri. J'ai vu sa longue langue luisante entre
ses dents pointues Un doigt de fée a posé son accent
grave sur ma fente en vertige.
Ma bouche tremble, mes lèvres s'écartent, gonflées
de promesses et de fruits pourfendus.
Croque ma pomme. Suce mon noyau jusqu'à la tomme de
ma fission nucléaire.
J'ai longé le lac paisible. Une plume flottait, et le
cygne qui l'avait perdue me lançait des baisers claquants.
Miaule, ma chatte
J'ai ondulé sur le bord de la rive comme pour épouser
la cadence de son grand cou gracile. Mes pas dansaient. Mes seins
pointaient en arrogants pavillons sous mon tee-shirt soyeux.
Le tissu crisse, mes tétons dardent et ton dard se tend.
La femme qui passait avait le visage découpé. Un panier
en osier et une galette encore tiède qui fumait.
Le tissu crisse. Laisse ta main glisser sur mes rêves coulissants.
L'odeur du beurre chaud m'a coulé dans les veines.
Ma salive faisait fondre le gâteau depuis son paquet noué.
Le suc coule le long de la chair échauffée. Lèche
ma plaie béante, et broute à pleine bouche mon potager
secret.
Râle. L'orage frotte à mon ciel éclaboussé
Elle a eu la fève. C'était un oiseau noir aux
ailes défroissées comme les replis de ma chair contre
ton sexe dressé
J'ai ouvert grands les yeux, pour que tu m'aimes de ton
regard qui voit.
Que même dans l'abandon nos yeux ne se quittent pas.
Que nos pupilles se touchent, à tâtons aveuglées
de désir
Que nos cils érectiles se frôlent et s'emmêlent
au clos de nos baisers
Un homme a traversé devant moi, proche à me frôler.
J'ai entendu sa voix comme une mélopée, "
Il faut combattre le dragon. "
Enflamme mes sens et brûle mes orifices.
Ne peut-on faire alliance avec son dragon ?
Tu as soif. Tu me lèches. Je te désaltère
Ma sève en cascade a noyé ton flambeau phosphorescent.
J'ai ouvert grand les yeux pour me jouir au plus profond de
tes pupilles écarquillées, exploser en myriades au
beau milieu de ton iris dilaté. Ton regard tangue et je gis
sur les flots d'une marée de pleine lune.
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