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Partir ,
le bleu pour toute barque
Avec, en ligne de mire, cet accroc planétaire
Que la mer ravaude de sa pogne liquide
Au loin, là-bas, déchirure sans fin
Et j'aurai dans mes cales quelques moissons d'enfance
Les fruits juteux de l'aube et la pulpe du vent
Dévidant ses comètes aux draps blancs des voilures
Houle dans les cheveux, et broussailles du sang
J'aurai le vent nomade cahotant la blessure
Et des festins de mots jalonnant le silence
J'aurai l'incandescence et poussières d'épure
Avec toujours au corps, la longe un peu trop courte
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