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Au petit matin d'une soirée prolongée, il s'en ira
vers un ailleurs imaginé de lui seul.
Enjambant les corps allongés de ses amis encore endormis,
il partira avec pour seul baluchon un espoir déraisonné
d'un ailleurs idyllique, un ailleurs issu de ses rêves et
fantasmes de jeune homme jamais touché par un âge adulte
imbécile.
Droit devant lui, il ira de son pas allongé celui qu'il
a appris de ses longues randonnés solitaires, à l'âge
où la vie semble tenir dans votre paume de main. Il sait
qu'il retrouvera cette " assoiffement " de calme et de
solitude qui lui ont été volés depuis tant
d'années et que rien, jamais, n'a pu remplacer.
Au zénith du ciel, le soleil ne le brûlera point tant
sa tête sera légère et son cur apaisé
et l'eau d'une rivière le désaltéra pour toujours
et le pain dans sa bouche prendra un goût de festin et les
aboiements d'un chien le guideront vers un horizon rêvé
depuis si longtemps : Ailleurs, il ira vers ailleurs, il sera ailleurs.
Corps et âme.
Plus rien de ce qu'il a connu n'aura cours, la monnaie exhumée
de sa poche n'aura pas la même valeur et tant pis si les regards
des hommes autour de lui seront chargés d'un mélange
de haine et d'envie, d'attirance et de répulsion, de fraternité
et d'antipathie
Plus rien ne sera comme avant, vous dis-je !
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