Une photographie de Mari Mahr

Le marcheur

de Mathieu Simoneau

Ailleurs

Sommaire

 

Le marcheur
Déroule son âge sous ses pieds
Comme un fil tendu vers l'infini

Son départ est toujours
Le pas du monde

Sa seule identité
C'est la parole du vent
Et sa peau de soleil

Aux enfants émiettés dans son dos
Il lègue ses traces

Le chemin est son guide
Son seul compagnon
Il le suit d'un pas lent
Sans hâte de rejoindre
Son crépuscule

Mais toujours sa quête
Vague rêve enfoui
Dans une enfance caverneuse
Lui fait voir à portée d'œil
Quelque chose de femme et de béton
Qui bloquera son pas
Pour le tisser à la terre

Le monde est buriné de ses voyages
Et tatoué d'aventures qu'il a dessinées

Son cœur a pris racine
Au pays nomade de nos espoirs



 

© Mathieu Simoneau