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Chloé ne fait que passer. Elle n'en a pas pour longtemps.
Elle ne s'attardera pas. Elle vient prendre le thé. Elle
sera repartie bien avant qu'on l'aie remarquée. Profitons-en.
On ne profite jamais assez de ce qu'on a, et quand on l'a. En suite,
on se plaint. On se sent floué, usurpé. On fait des
prières, un tas de fadaises pour que ça nous revienne.
Elle est furtive comme une pensée. Difficile de l'attraper.
On se souvient l'avoir raté, c'est tout. Et puis, on en a
des échos, des récits rapportés. Zoé
nous dit qu'elle la aperçue. Elle aurait même passé
une journée auprès d'elle. Alors, sur une carte de
la région accrochée au mur, on met une punaise de
plus pour marquer l'endroit et on inscrit la date. Apparemment,
rien ne la retient. Elle ne s'attache pas. Mais un jour, certainement,
ce sera quelqu'un qui l'attachera, avec un vent de liberté.
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