Une photographie de Mari Mahr

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de James

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Les tapis volants

Seul original dans son genre à des kilomètres à la ronde, Théo fabrique des tapis. C'est la manière dont il s'évade et voyage au loin, à longueur de journée. Il fait des tapis brodés aux couleurs de Lisbão, Beijin, Delhi ou Marrakech. Pas plus d'un par semaine.

Il les fait sur mesure, bien sûr, à la main et en laine angora, en tissant chaque poil un à un. Et pendant qu'il s'affaire, penché sur son métier, presque sans bouger, au fond de son atelier il passe le monde entier.

Et le voilà en paix. A le voir faire, on dirait qu'il plane. Il plane dans les cieux jusqu'à faire des envieux. Surtout le jeune Joachim qui aimerait trouver le plus simple des moyens pour aller s'envoler.

Les villages limitrophes

C'est devenu une mode. Avec les tapis de Théo, on visite dans les salons particuliers, les plus beaux quartiers des capitales du monde. On marche sur les avenues des stars, on caresse les dunes du désert, les vues splendides des coins perdus. Chez un riche commerçant qui fait payer l'entrée, dans l'entrebâillement du vestibule, on peut même marcher sur la lune.

Le jour du grand nettoyage de printemps, les villages limitrophes prennent des airs de bout du monde. On suspend aux fenêtres, ou sur des fils dans les jardins, ses tapisserie dépaysantes qui véhiculent un air de bout du monde. Et la foule qui veut voyager, faire le tour de la planète et voir comment se passe un journée quand on habite ailleurs, se prend à flâner parmi les coups de verges et les poussières envolée. Ce jour là, les tapis de Théo ont un tel succès que Philipe lui a proposé de les sortir en séries, et aussi de les vendre déjà salis.




 

James