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Les
tapis volants
Seul original dans son genre à des kilomètres à
la ronde, Théo fabrique des tapis. C'est la manière
dont il s'évade et voyage au loin, à longueur de journée.
Il fait des tapis brodés aux couleurs de Lisbão, Beijin,
Delhi ou Marrakech. Pas plus d'un par semaine.
Il les fait sur mesure, bien sûr, à la main et en
laine angora, en tissant chaque poil un à un. Et pendant
qu'il s'affaire, penché sur son métier, presque sans
bouger, au fond de son atelier il passe le monde entier.
Et le voilà en paix. A le voir faire, on dirait qu'il plane.
Il plane dans les cieux jusqu'à faire des envieux. Surtout
le jeune Joachim qui aimerait trouver le plus simple des moyens
pour aller s'envoler.
Les
villages limitrophes
C'est devenu une mode. Avec les tapis de Théo, on visite
dans les salons particuliers, les plus beaux quartiers des capitales
du monde. On marche sur les avenues des stars, on caresse les dunes
du désert, les vues splendides des coins perdus. Chez un
riche commerçant qui fait payer l'entrée, dans l'entrebâillement
du vestibule, on peut même marcher sur la lune.
Le jour du grand nettoyage de printemps, les villages limitrophes
prennent des airs de bout du monde. On suspend aux fenêtres,
ou sur des fils dans les jardins, ses tapisserie dépaysantes
qui véhiculent un air de bout du monde. Et la foule qui veut
voyager, faire le tour de la planète et voir comment se passe
un journée quand on habite ailleurs, se prend à flâner
parmi les coups de verges et les poussières envolée.
Ce jour là, les tapis de Théo ont un tel succès
que Philipe lui a proposé de les sortir en séries,
et aussi de les vendre déjà salis.
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