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Le pays d'alentour est situé exactement au milieu de nulle
part et il ne s'étend pas vraiment beaucoup plus loin que
le regard peut porter. Certains affirment même qu'où
qu'ils aillent, leurs yeux peuvent toujours en discerner les limites.
Les territoires sont indécis.
Ici, on ne pénètre jamais de pays ; on ne connaît
que les frontières. A chaque allongement d'un pas c'est un
nouveau programme. Alors, on hésite souvent avant de plier
la jambe, on a le pied flottant. Le genou reste un instant en suspens,
haut planté dans l'aine du vent, mais, généralement,
redescend.
Il paraît qu'au début, un dénommé Avril,
à force de déplacements, aurait marché vraiment.
Puis au bout de longtemps aurait croisé Zoé, une autre
excitée du mouvement, un matin de printemps. Mais on ne peut
pas tenir pour vérité concrète tout ce que
disent tous ceux qui sont, eux, tout le temps, en permanence, sur
les routes, et auxquels on en doit finalement le tracé.
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