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Combien y a t'il d'étages en ce monde, d'escaliers à
gravir, à dévaler et à gravir encore ? Où
m'emmènes-tu, l'étranger ? Y a t'il vraiment une révélation
au bout du lointain ailleurs ?
Y a t'il des chemins étoilés au pays où tu
es né ? Des déserts à remuer, des oasis calligraphiées
sur des peaux brunes et parfumées ? Y a t'il des cieux émeraude
versant des offrandes salées sur des coupoles de verre ?
Y a t'il un océan d'amour et des plages encore vierges ?
Où m'entraînes-tu, étranger ? Vers quelle cité
aux blanches murailles?
Y 'a t'il à leurs pieds des enfants qui jouent toute la
nuit, alors que les parents dorment d'un sommeil lourd à
même le sol ? Peut-on croiser la vieille misère et
son cortège de maladies honteuses ?
Y a t'il des aubes rougeoyantes et des coups de feu qui claquent
à faire hurler les chiens? Y a t'il des jeunes filles qui
mûrissent trop vite sur des trottoirs sans ombre ? Combien
de fois peuvent-elles être achetées avant qu'elles
ne pourrissent sous l'indifférence du monde?
La bonne conscience est-elle cotée en bourse ?
Étranger, je te vois comme une ombre, je vois le sillage
dangereux et magnifique que tu laisses derrière toi, il m'attire
et me fascine mais je garde juste assez de distance pour saisir
la fraction de seconde, pendant laquelle une porte apparaîtra,
là où je ne distingue encore que des murs!
Toujours cette histoire de bonne combinaison au bon moment. Ce
n'est pas le paradis que je crois pouvoir trouver ailleurs, c'est
simplement la vie dépouillée de mes garde-fous.
Puisque nous y sommes, pourquoi refuser de nous frotter aux aspérités
du monde? Impossible de se perdre, la Terre est ronde ! Est-ce cela,
étranger, que tu veux m'enseigner ? Alors, donne-moi encore
une chance d'apprendre !
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