Une photographie de Mari Mahr

Du lointain ailleurs à l'infiniment ici

de Cathy Garcia

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Sommaire

Une maison brune, tapissée de lumière ocre. Des fenêtres sans carreaux devant lesquelles ondulent des voiles transparents aux couleurs vives, des silhouettes graciles apparaissent et disparaissent comme dans un rêve.

Une ville incertaine, aux dômes étincelants, noyés dans le flou d'un ciel orangé. Des oiseaux blancs planent au-dessus des brumes du couchant, une crème lactée aux arômes de mandarines et de fleurs d'amandier.

A l'autre bout du monde, une gare avec des temps morts, des chapeaux las, des ronds de pluie, des flaques d'ennui. Sur un banc, une ménagère s'est assoupie. Dans un couloir une élégante s'évanouit entre les bras d'un moustachu endimanché.

Un parc avec des allées bien tracées, des arbres bien taillés, des fleurs aux noms savants et des grands escaliers de pierre. Une nuée d'enfants qui dévalent les marches, graines du futur dégringolant en joyeuses cascades, s'ils savaient!

Un bistrot rutilant où se cachent les solitudes bourgeoises. Une table adossée à une colonne de faux-marbre. Un poète prend son café, les yeux plongés dans un journal. Une mouche bleue et or s'est posé sur le dos bombé de la petite cuillère argentée et fixe le poète, qui la fixe à son tour, y voyant un impénétrable masque aztèque. Une goutte de lait scintille à la surface de la nappe immaculée. Irrésistible appel pour la mouche vrombissante ! Elle s’y plonge en douceur et le poète contemple une Cléopâtre martienne qui se prélasse dans son bain de jouvence.