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Une maison brune, tapissée de lumière ocre. Des fenêtres
sans carreaux devant lesquelles ondulent des voiles transparents
aux couleurs vives, des silhouettes graciles apparaissent et disparaissent
comme dans un rêve.
Une ville incertaine, aux dômes étincelants, noyés
dans le flou d'un ciel orangé. Des oiseaux blancs planent
au-dessus des brumes du couchant, une crème lactée
aux arômes de mandarines et de fleurs d'amandier.
A l'autre bout du monde, une gare avec des temps morts, des chapeaux
las, des ronds de pluie, des flaques d'ennui. Sur un banc, une ménagère
s'est assoupie. Dans un couloir une élégante s'évanouit
entre les bras d'un moustachu endimanché.
Un parc avec des allées bien tracées, des arbres
bien taillés, des fleurs aux noms savants et des grands escaliers
de pierre. Une nuée d'enfants qui dévalent les marches,
graines du futur dégringolant en joyeuses cascades, s'ils
savaient!
Un bistrot rutilant où se cachent les solitudes bourgeoises.
Une table adossée à une colonne de faux-marbre. Un
poète prend son café, les yeux plongés dans
un journal. Une mouche bleue et or s'est posé sur le dos
bombé de la petite cuillère argentée et fixe
le poète, qui la fixe à son tour, y voyant un impénétrable
masque aztèque. Une goutte de lait scintille à la
surface de la nappe immaculée. Irrésistible appel
pour la mouche vrombissante ! Elle sy plonge en douceur et
le poète contemple une Cléopâtre martienne qui
se prélasse dans son bain de jouvence.
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