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Ma
dolescence, mon endolorissement, monade olescente (c'est-à-dire
huileuse, pétroleuse, ainsi le prestige naquit) et spumeuse:
en images d'écume, je vois aujourd'hui mon adolescence.
Douleurs: d'être pas assez ou de trop exister, d'être
saillant ou délaissé.
Toute adolescence, à cette aune romantique, mièvrement
fiévreuse, n'a aucun intérêt.
Voilà pourquoi je préfère
parler de ma dolescence,
ma déliquescence
mon adorescence
:
: adorant le veau d'or,
adorant Paul Eluard,
adorant cette superbe brune
adorant cette affreuse brune
adorant presque toutes les brunes,
adorant le théâtre
Cet art
adolescent.
A d'autres !
Alors, j'écris les adolescences des autres, de Paul Morand
par exemple, ou d'Abdourahman Waberi (le connaissez-vous?), les
capitaineries, les fières fourberies, les détours
façon Michel Leiris, j'écris les adolescences des
autres, de cette petite voisine blonde si mignonne et devenue si
stupide, de ce gamin paumé entrevu certains soirs, son sac
plastique Marché Plus lui vissant la paume, et son père
pendu à l'aube de l'adolescence, je n'ai plus d'adolescence
puisque toutes les autres m'envahissent, tourbillonnent, m'emprisonnent
dans
cet art
adolescent :
: La
poésie?
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