Une photographie de Catherine Merdy

Adolescences

par Guillaume Cingal

Adolescences

Sommaire

Ma dolescence, mon endolorissement, monade olescente (c'est-à-dire huileuse, pétroleuse, ainsi le prestige naquit) et spumeuse: en images d'écume, je vois aujourd'hui mon adolescence.
Douleurs: d'être pas assez ou de trop exister, d'être saillant ou délaissé.
Toute adolescence, à cette aune romantique, mièvrement fiévreuse, n'a aucun intérêt.

Voilà pourquoi je préfère
parler de ma dolescence,
ma déliquescence
mon adorescence
:
: adorant le veau d'or,
adorant Paul Eluard,
adorant cette superbe brune
adorant cette affreuse brune
adorant presque toutes les brunes,
adorant le théâtre

Cet art
adolescent.

A d'autres !

Alors, j'écris les adolescences des autres, de Paul Morand par exemple, ou d'Abdourahman Waberi (le connaissez-vous?), les capitaineries, les fières fourberies, les détours façon Michel Leiris, j'écris les adolescences des autres, de cette petite voisine blonde si mignonne et devenue si stupide, de ce gamin paumé entrevu certains soirs, son sac plastique Marché Plus lui vissant la paume, et son père pendu à l'aube de l'adolescence, je n'ai plus d'adolescence puisque toutes les autres m'envahissent, tourbillonnent, m'emprisonnent
dans

cet art
adolescent :

: La
poésie?