Pour un oui ou pour un non

de Nathalie Sarraute

Mise en scène : Jacques Lasalle

par Theothea

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Théâtre de l'Atelier 
Tel: 01 46 06 49 24 

 

«C’est bien... ça!», ce leitmotiv est en passe de devenir au Théâtre aussi célèbre que «Atmosphère, atmosphère....» ou «Qu’est-ce que je vais faire? J’sais pas quoi faire!...» le sont devenus au cinéma!... 

D’abord, il y a la toute première fois, celle où le spectateur découvre fasciné la pièce de Nathalie Sarraute «Pour un oui ou pour un non» avec son bagage de susceptibilité, de condescendance et son rapport de force entre intimités menacées!... 

Tous ces sentiments proustiens qui développent en interne une sensibilité d’écorché vif, transgressant allègrement les zones d’ombre de l’amitié!... 

C’est une histoire d’hommes; il y a H1 face à H2 que le couple H3 et F abandonnera définitivement à leurs tourments sans prendre partie !... 
Aussi par la suite, le spectateur éprouvera l’envie convulsive de se coltiner à nouveau et toujours plus avec cette situation à jamais esquissée par l’auteur et qui désormais ne pourra plus s’épuiser que dans l’imaginaire des familiers de H1 et H2, ce duo ne formant peut-être qu’une seule et même personne!... 

C’est précisément à cet endroit que les comédiens entrent en scène avec leur charisme personnel et l’aura qui s’y projette nécessairement de manière contradictoire!... 
Ce pourrait être par exemple Samy Frey et Jean-François Balmer à la Comédie des Champs-Elysées, ou ici Hugues Quester et Jean-Damien Barbin à l’Atelier, en reprise de la Colline.... Rien n’y fera!... La personnalité de ces acteurs fera, sans doute pour le meilleur, écran avec l’idée que le spectateur se fait de H1 et H2!... 

Et c’est justement pour cela qu’il y retourne le spectateur, tentant à chaque fois de percer le mystère de cette pièce qui l’entraîne dans les méandres de l’inconscient collectif!... 

Que Jacques Lasalle ait choisi ici l’esthétique de faire déclamer par Hugues Quester «C’est bien.....ça! », sous le regard délibérément médusé de Jean-Damien Barbin, implique une schizophrénie latente qui telle un boomerang surgit de cause à effet, dès que les mots magiques sont prononcés!.... 

Qu’importe donc le parti pris de mise en scène et d’interprétation, pourvu qu’on en ressente la sensation de vertige infini qui accompagne inexorablement cet espace indicible entre le «Oui» et le «Non», entre soi et soi!... 

Theothea le 21/06/00