| Avec
un peu de retard, je fais (enfin) ma rentrée : bonjour
à tous, heureuse de vous retrouver !
Je
glisse dans un coin de ma mémoire le souvenir de ces
belles journées dété passées
à caresser des yeux le papier et les mots de vrais livres,
confortablement installée au creux de mon hamac à
lombre de deux châtaigniers, énormes et indispensables.
Je le sais, je ne suis pas si naïve, il fallait bien un
jour ou lautre revenir à la dure réalité
: celle des embouteillages de dix-huit heures sur les autoroutes
de linformation. " Du tout, mais alors pas du tout,
je ne ronchonne pas
vraiment pas : non, bien sûr
! " Au contraire, je suis ravie de tapoter sur mon clavier,
de marracher les yeux sur cet écran de plus en
plus flou car ces maux nont pas dimportance, seule
compte ma cyber route en quête de sites à la fois
passionnants et instructifs, dénichant encore et toujours
pour vous, et uniquement pour vous, ces adresses incontournables.
Je
ne pouvais faire autrement que de vous proposer une perle pour
débuter cette saison : vous êtes comme moi, je
le sens, férus de pataphysique, cette science des solutions
imaginaires, mais aussi de philosophie. Ainsi vous êtes
par essence sensibles à lunivers de Queneau, vous
avez lu ses romans, assisté à une mise en scène
de ses textes, En passant par exemple, pas forcément
le 9 avril 1947 évidemment ! Peut-être avez-vous
vu sa peinture ? Au-delà, vous appréciez les "
fous littéraires " quil a lui-même rebaptisé
" hétéroclites ". Vous avez votre propre
opinion du travail de lécrivain et vous partagez
lidée selon laquelle "
la langue est
à chaque instant (pour Queneau) un objet d'expérience,
un champ d'application, un territoire illimité d'exploration
1."
A
votre tour, vous allez explorer ce site surprenant par sa conception
particulière, notamment dans sa présentation à
la page daccueil, je dirais en adéquation avec
lesprit perpétuellement curieux de Queneau. Précisément
pour cette raison, je refuse de vous en dire plus, je choisis
de ne pas gâcher votre plaisir, au bénéfice
de votre surprise à sa découverte. Alors je disparais
derrière cette explication de Queneau à propos
de linspiration puisquelle me convient : "
on peut difficilement tenir pour inspirés ceux qui dévident
des rouleaux de métaphores et débobinent des pelotes
de calembours. Ils se traînent dans le noirâtre,
espérant y déterrer les marteaux et les faucilles
qui briseront les chaînes et sectionneront les liens de
l'humanité. Mais ils ont perdu toute liberté.
Devenus esclaves des tics et des automatismes, ils se félicitent
de leur transformation en machine à écrire. (...)
J'imagine au contraire que le vrai poète n'est jamais
"inspiré" : il se situe précisément
au-dessus de ce plus et de ce moins, identiques pour lui, que
sont la technique et l'inspiration. (...) Le véritable
inspiré n'est jamais inspiré : il l'est toujours
; il ne cherche pas l'inspiration et ne s'irrite contre aucune
technique. "
Bon
surf littéraire.
Nina
Siget.
Dimanche
29 septembre 02
Adresse
: http://queneau.free.fr/
1.
Citation empruntée à la BNF http://classes.bnf.fr/dossitsm/b-quenea.htm
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