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Cette semaine, un site au nom qui fleure le
temps des lumières et les bancs de philo : Les
Weberies d'un promeneur solitaire. Alors, je clique sur l'url,
et j'arrive sur place en me disant qu'on va me rabâcher du contrat
social, la rengaine où l'homme bon, innocent, quand il fait
son premier ouin ouin, est corrompu par la méchante civilisation etc. etc.
et prise de tête.
Non ! Chez Pierre-Olivier
Fineltin ça serait plutôt : Je suis tombé par terre, c'est la
faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau c'est la faute à Rousseau !
Oui, car le site est avant tout le reflet d'un personnage, un personnage
que vous pourriez rencontrer en vous baladant à Saint-Germain des Près.
En page d'accueil, nonobstant une photo où le créateur est très mal
rasé, une phrase résume l'objet de ces weberies solitaires : "Suivez
mes errances imaginaires, mes balades, mes idées farfelues etc."
Et c'est bien une balade inattendue que
vous effectuerez à peu de frais, bien-sûr le tarif varie en
fonction de ceux de France-Télécom. Pour parler enfin littérature, après
tout c'est bien de cela qu'il s'agit ici, il y a de quoi. P.O.
Fineltin manie la littérature hypertextuelle avec brio, et expérience.
Le site par lui même est constitué d'une kyrielle d'autres sites.
J'ai bien aimé L'immeuble, qui décrit
la vie des habitants d'un... d'un immeuble vous l'aurez compris. L'humour
est au rendez-vous, c'est une des caractéristiques récurrentes des écrits
du webmaster, il le manie avec finesse, ou plus lourdement, tout dépend,
en tout cas les degrés sont maîtrisés, ici on ne se prend pas au sérieux,
et je crois savoir qu'on a été élevé au Boris Vian. Son recueil
de poèmes hypertextuels sans ordre ni désordre est aussi
bien réalisé, bien écrit, je trouve, pour ne rien gâcher. Des
exemples ? Ok.
Le fêtard tard
Il est bientôt bien tard
Il est bientôt trop tard
La tête dans un étau
Un fêtard en pétard
Titube in petto
Se retient subito
Sur le bar à
tréteaux
(...)
ou encore ils parlent des blessures de
l'amour, avec élégance
Une
petite épine
Un bout de rosier
De trois fois rien du tout
A peine un aiguillon
Il y a plus noble blessure
Cupidon dit-on
A des flèches acérées
Satan dit-on
A des fourches pointues
Jupiter dit-on
A des éclairs perçants
Misérable héros
Me voilà donc
Sans homérique mêlée
Sans furieuse algarade
Piqué par une écharde
(...)
Et
puis, il est temps de vous laisser découvrir par vous même un site
sympathique, sobre dans sa réalisation, mais riche en substance. Avant
de vous quitter, je vous conseille de jeter plus d'un oeil à la Nouvelle
Clélie, aux 24 heures d'Adrien, aux
photos parsemées sur les pages, à un article sur J.M. Hérédia, aux
Haïku dont Fineltin est amateur et spécialiste, ainsi qu'aux sites
pour rire pour... rire.
J'arrête là ? Oui.
Ludovic
Kaspar
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