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Responsable du site : Jacques du Pasquier

Déjà, j’aime bien le nom. Ca a des sonorités un peu décapantes, on pense qu’on va trouver des trucs justement bien tranchés avec une expression et des opinions bien hautes en couleur. Et on ne se trompe pas, c’est ça. Hache a l’allure d’une revue ronéotypée qu’on se refile entre initiés dans des circuits parallèles. On imagine un mouvement d’auteurs dissidents défendant en marge une écriture révoltée et sans concessions. Le dépouillement de la mise en page me plaît, même si elle entretient un peu un côté négligé, telle l’éternelle barbe de trois jours de Gainsbourg. 

  Hache est un espace de publication littéraire Internet et seulement Internet. On peut proposer son ou ses textes à Jacques Du Pasquier et si l’on est accepté on se retrouve au sein du petit groupe d’auteurs « Maison » de la revue Hache qui, j’ai l’impression, a su imposer un style personnel plutôt percutant. A juger, du webmestre, « Lettre d’une ex », dont je raffole et qui fait preuve d’un sens psychologique perspicace allié à une écriture sans ornements collant impeccablement au sujet.

Des textes plus orientés vers l’exercice de style nous sont proposés. « Coupe » arrive à me charmer même si je ne suis pas assidu des techniques d’écriture. Il y a du rythme, du jeu, de la poésie :

«  Je te prends, je te coupe, je te découpe, je suis qui te prend, qui te coupe, et ta voix, de ta peau, que je coupe, je suis qui te prend ta voix qui me coupe, et ta peau… »

Les auteurs dont les noms suivent sont au nombre de deux bonnes poignées : Jonathan Persitz, Raphaël Cohen, Valérie Guitard, Pierre Igot, Stephane Ilinski, Denis Jeffrey, Serge Libs, Joachim Montessuis, Bernard Saulnier et Richard Stallman pour un texte politique.

Les textes peuvent parfois se présenter avec comme un air hermétique, mais s’y révèle souvent une finesse poétique à laquelle je suis sensible.

Hache est sympa, jeune, ne cherche pas la conformité et demeure toujours sympathique car on devine une fougue et un enthousiasme vraiment sain et vivifiant.

Je découvre à la fin, la Déclaration d’Indépendance du Cyberespace de John Perry Barlow, et j’apprécie à leur juste valeur comme une grande bouffée d’oxygène, les intentions généreuses des Idéalistes et leur révolte rêveuse non violente. 

 

http://www.dtext.com/hache/
 


Rémi Roudaut

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