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Julien Gracq

 

 

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présenté par Nina Siget

Le site de Nina Siget

 

Par les temps qui courent, on ressent comme un malaise dès le réveil, dès lors que l'on allume un téléviseur ou une radio. Les nouvelles du monde sont toutes plus horribles les unes que les autres et celles de la France, dans leur registre propre, sont plutôt pitoyables. Pour demeurer humain envers et contre tout, plusieurs solutions s'offrent à nous :

- éteindre nos récepteurs en liaison avec l'extérieur.
- vivre la nuit et s'enivrer pour confondre le réel dans la fiction.
- Se plonger dans le monde de la littérature afin de bénéficier de son effet lénifiant.


Comme vous, je choisis la dernière solution. Sitôt dit, sitôt fait, je me connecte à Internet (vous savez, une de ces technologies ayant des antennes sur le monde…) mais seulement pour trouver un auteur capable de me distraire de cette odieuse réalité, de m'accompagner sur la voie de la réflexion, de m'épauler dans ma soif d'onirisme. Je suis en quête d'esthétisme, de raffinement, de philosophie, d'humilité. Je vais au bout de ma recherche pour découvrir deux hommes étonnants. Le premier est éditeur, il s'appelle José Corti (J. Corticchiato, 1895-1984). Il a édité : Breton, Eluard, Aragon, Char, Péret, Crevel, Dali… Le second est Julien Gracq, agrégé d'histoire à la retraite et écrivain en activité. Une véritable aventure littéraire de près d'un demi-siècle entre les deux hommes (Julien Gracq n'a jamais changé d'éditeur), animés par la même exigence littéraire, une même conception intègre de leur travail. Je vous suggère de commencer ce voyage en consultant l'historique de la maison d'édition, et notamment la partie consacrée à la façon " artisanale " dont José Corti, assurément passionné, travaillait. Ensuite revenez sur les pages concernant Julien Gracq. Auteur de 18 livres en 64 ans, il est pourtant resté en marge du milieu et des médias. En 1951, pour son troisième roman, Le Rivage des Syrtes, le prix Goncourt lui a été décerné ; il est le premier écrivain à le refuser ! Pour comprendre ce qui le différencie, je vous renvoie aux propos d'Hubert Haddad intitulés : Julien Gracq, l'éveilleur du soir " Pas davantage qu'un automne sans exaltation agonique des beaux jours, on ne peut imaginer le paysage littéraire sans Julien Gracq. Son œuvre ne s'ajoute pas aux autres comme l'arbre dans la forêt ; elle modifie la perception d'ensemble, sa perspective et sa couleur. L'ignorerions-nous qu'elle nous ferait signe et nous habiterait à notre insu dans la réfraction mystérieuse des sous-bois : une influence météorique, quelquefois, cache un style. ". Vous pourrez également lire ce que plusieurs écrivains disent de Julien Gracq. Lorsque vous en aurez fini avec lui, rien ne vous empêche de consulter le catalogue des auteurs : à vous de choisir. Moi j'ai retenu Miguel de Cervantès, juste pour le plaisir et quel plaisir !


Sur l'aspect purement technique, il n'y a rien à ajouter : le site est clair, sobre, complet, fourni en critiques et liens utiles. D'ailleurs, je n'ai éteint mon ordinateur que tard dans la nuit, sur le coup des trois heures du matin me semble-t-il et demain, peut-être, j'aurai retrouver la force d'écouter les informations…

Bon surf littéraire.
Nina Siget.
14 avril 2002.

Adresse : http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/presentation-gracq.html