mars 2002
 

une photographie de Doifel Videla

Un homme et des monstres

 par Anita Beldiman-Moore

Présentation de l'ensemble en prose choisi par le comité de lecture pour le mois de mars 2002

 

Attention Mesdames et Messieurs ! Voici une attraction comme vous n'en avez jamais vu. Des Monstres !
Oh! pas des femmes à barbe ou des siamois joueurs d'échecs ! Pas d'avaleurs de clous et de cracheurs de feu. Non, simplement vous et moi dans le miroir fidèle et déformant de l'écriture de James.

James, que vous connaissez peut-être à travers les deux derniers "Thémas" (A vos amours et Ailleurs), fait ici de nouveau preuve de son humour incisif et de son regard attachant sur le très fond de l'espèce humaine.
Les Monstres sont une mosaïque de vies sans importance, sans intérêt dont il fait précisément surgir l'unicité et la beauté. Combien d'autres existences s'effacent faute d'un pareil regard. Et ce regard se double d'une démarche stylistique faussement simple et naïve. Eve Domeneghini parle d'une "tentative de construire un texte qui se tienne en se défaisant sans cesse".
A lire James, nous réalisons que nous sommes tous ses monstres et c'est ce qui nous rend ces vies si proches. Frédéric Abergel et Paul Raucy évoquent Michaux et "une étrangeté qui paraît vraie". Pour Catherine Raucy, "ça me fait penser à Ilan Duran Cohen pour le côté pince-sans-rire, ou à un Claude Ponti pour grandes personnes". Et en effet, il y a ce plaisir des mots et ce goût des caractères... et ce grain de folie... Moi cela m'a donné envie de relire "Les rêves des autres" de John Irving (recueil de sept nouvelles dont la première raconte l'histoire d'un homme qui rêve les rêves de ceux qui ont occupé les couches où il s'endort).

Attention, lecteurs ! Ce sera un long voyage cependant. Nous inaugurons avec ces Monstres le genre du feuilleton. Et chaque mois nous vous emmènerons plus loin dans l'observation de ces personnages, de ces monstres ordinaires, comme vous et moi.

Anita Beldiman-Moore