|
Attention
Mesdames et Messieurs ! Voici une attraction comme vous n'en avez
jamais vu. Des Monstres
!
Oh! pas des femmes à barbe ou des siamois joueurs d'échecs
! Pas d'avaleurs de clous et de cracheurs de feu. Non, simplement
vous et moi dans le miroir fidèle et déformant de
l'écriture de James.
James,
que vous connaissez peut-être à travers les deux derniers
"Thémas"
(A vos amours et Ailleurs), fait ici de nouveau preuve
de son humour incisif et de son regard attachant sur le très
fond de l'espèce humaine.
Les Monstres sont une
mosaïque de vies sans importance, sans intérêt
dont il fait précisément surgir l'unicité et
la beauté. Combien d'autres existences s'effacent faute d'un
pareil regard. Et ce regard se double d'une démarche stylistique
faussement simple et naïve. Eve Domeneghini
parle d'une "tentative de construire
un texte qui se tienne en se défaisant sans cesse".
A lire James, nous réalisons
que nous sommes tous ses monstres et c'est ce qui nous rend ces
vies si proches. Frédéric Abergel
et Paul Raucy évoquent Michaux
et "une étrangeté qui
paraît vraie". Pour Catherine
Raucy, "ça me fait penser
à Ilan Duran Cohen pour le côté pince-sans-rire,
ou à un Claude Ponti pour grandes personnes".
Et en effet, il y a ce plaisir des mots et ce goût des caractères...
et ce grain de folie... Moi cela m'a donné envie de relire
"Les rêves des autres"
de John Irving (recueil de sept nouvelles
dont la première raconte l'histoire d'un homme qui rêve
les rêves de ceux qui ont occupé les couches où
il s'endort).
Attention,
lecteurs ! Ce sera un long voyage cependant. Nous inaugurons avec
ces Monstres le genre
du feuilleton. Et chaque mois nous vous emmènerons plus loin
dans l'observation de ces personnages, de ces monstres ordinaires,
comme vous et moi.
Anita Beldiman-Moore
|