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Bonjour à tous, ce mois-ci trois textes, trois auteurs s'offrent
à nous. Trois villes aussi dans ce qu'elles ont de plus différent
et de plus caractéristique.
New York d'abord et ses cadres affairés, stressés,
courant à côté de leur propre vie que l'on retrouve
dans "Demain"
de Pierre-Jean Bascuñana.
L'auteur, admirateur de Vladimir Nabokov, Philip Roth et Jim Harrison
connaît bien ce milieu des affaires et de l'entreprises. Richard
Mainville remarque que "la
trépidence de New
York est bien rendue" et Paul
Raucy ajoute que le récit donne "une
idée de
l'ordinaire dans ce qui peut apparaître comme exotique".
Quel autre décor choisir en effet pour cette nouvelle qui
nous parle du temps qui s'arrête soudain et nous laisse isolé,
immobile au milieu de la foule qui passe à son ryhtme dément.
Paul
Auster ne nous avait-il pas prévenus
: "New
York était un espace inépuisable, un labyrinthe de
pas infinis, et, aussi loin qu'il allât et quelle que fût
la connaissance qu'il eut de ses quartiers et de ses rues, elle
lui donnait toujours la sensation qu'il était perdu. Perdu
non seulement dans la cité mais tout autant en lui-même"
(La cité de verre - Trilogie new-yorkaise, Actes sud
(Babel) : 1991).
Varragne ensuite... Varragne ou la quintessence de la petite ville
de province ou les personnages tournent entre les murs qu'ils ont
eux mêmes errigés. Varragne ou le paradis perdu de
l'innocence et qui s'incarne en cette femme hors des normes et du
temps, "La jouisse",
tout au long de l'émouvante nouvelle de Virginie
Durant qui a fait écrire à Lise
Willar : "Excellent, émouvant.
je n'ai rien à ajouter". Ajoutons cependant
que l'auteur n'en est pas resté là puisqu'elle a publié
en 2000 son premier roman "Emma Rovski"
aux Editions du Moine Bourru et que s'annonce déjà
le prochain "Caveau des brunes".
Venise enfin. "Venise
! Est-il une ville qui ait été plus admirée,
plus célébrée, plus chantée par les
poètes, plus désirée par les amoureux, plus
visitée et plus illustre ?
Venise ! Est-il un nom dans les langues humaines qui ait fait rêverr
plus que celui-là ? Il est joli, d'ailleurs, sonore et doux
: il évoque d'un seul coup dans l'esprit un éclatant
défilé de souvenirs magnifiques et tout un horizon
de songes enchanteurs." Guy de Maupassant dans "Une
belle fierté de gloire ancienne" (Histoires de
Venise, Ed. Sortilèges : 1996).
Venise que Guillemette de Grissac
et sa délicatesse habituelle dessine comme une dentelle mais
non sans cruauté dans ses "Trois
contes vénitiens" qui ont enflammé
Lise Willar : "J'ai
tout aimé, le style flamboyant de noms et d'adjectifs multicolores,
les
connaissances artistiques, le choix des peintures et des bâtiments
historiques" et dont Catherine
Raucy loue le "goût pour
la satire qui donne lieu à des textes réussis, à
l'humour plutôt féroce". En écho
à la présentation de Maupassant Lise
admire l'originalité des récits : "les
thèmes sont aussi surprenants qu'inédits".
Laissez vous donc emporter vers ces rivages littéraires
et prendre par la magie des trois narrations de ce mois, sans chercher
à y trouver la vérité mais seulement des morceaux
de vie (vécus, rêvés, qu'importe). Car comme
le dit la citation préférée de Pierre-Jean
Bascuñana :
"Il
n'y a pas de vérité, il n'y a que des histoires."
(Jim
Harrison)
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