Une photographie de Faberis

La sélection poésie de mai 2005

Bonjour à vous qui avez tant patienté pour lire cette sélection de poésies. Vous ne le regretterez pas avec les quatre auteurs que nous vous présentons ce mois-ci :

Bernard Destrez d'abord qui a soulevé l'enthousiasme avec ses Pedibus, petites balades où les pays prennent corps :
"Vision douce-amère de la nature et du paysage. Cet auteur nous donne à lire cette nostalgie du vert qu'ont chantée tant de bardes empêtrés dans le gris, Wordsworth ou Baudelaire... et il le fait d'une voix unique et pénétrante. Je dois être touché par ces textes parce que je suis en train de relire (avec ardeur) les poèmes de Glissant." commente Guillaume Cingal.
"Mon coup de cœur. Poèmes aérés, pleins d’intérêt. Vers brefs, agrémentés de mots accessibles mais puissants qui offrent un style raffiné. J’apprécie aussi fortement le retour régulier du son « ou » dans chacun des poèmes." renchérit Sylvie Wasson-Freytag.
"Ces cinq textes sont indissociables… Ils participent d’un cheminement physique et mental de l’auteur. Et aussi, ils changent des textes lus habituellement, ils apportent un accent de sincérité, de vérité, les mots ont du poids, du vécu." conclut Michel Ostertag

Alain Drouillet n'est pas en reste avec trois beaux textes : Arbres, Ex-voto et Midi :
"Midi est un texte impressionniste avec de belles images. Une atmosphère de grands espaces avec rapaces, éperviers, la mer… vaste tableau dont on a peine à sortir… Ex-voto, c’est ample, fort ! Les images du lointain, au-delà de l’horizon, où des noms inconnus vous font rêver, assaillent vos fantasmes et vous emportent loin de la grisaille !" selon Michel Ostertag.
"Arbres : Economie de mots. Un texte qui me touche. Ex-voto : Ce texte est également réussi. J'y découvre quelques intéressantes trouvailles, dont le premier vers avec son néologisme qui frappe juste. Plus loin : "...appris-camarade Camarde/ que philosopher c'est jouer d'une voyelle". Les derniers vers aussi ont attiré mon attention! Dans l'ensemble: allusions discrètes qui évoquent d'autres textes littéraires connus." nous dit Renée Laurentine.
"Midi : Rythme agréable, verts courts, bien coupés. L’ensemble bénéficie d’une surprenante harmonie. J’apprécie énormément la répétition régulière de la consonne r, le retour du son « ou ». Arbres : magnifique. Me plaît beaucoup. Passages simples mais bien écrits. Poème merveilleux. Ex-voto : belles recherches malgré la longueur (merci à la vie…, merci Mektoub…, merci…). Ensemble très intéressant." commente Sylvie Wasson-Freytag.
Au sujet de Midi, Noëlle Plenecassagne ajoute : "Le rythme court à la façon des comptines, des mots tout simples mais un univers est créé, musical."

Puis viennent deux auteurs très différents pour lesquels Guillaume Cingal a eu un véritable coup de coeur.

Ronan Agaesse avec La jalousie, ma jalousie : "Quel souffle! Pour les endécasyllabes, sans doute le vers le plus difficile à faire chanter."

Benoît Tahon avec ses courts fragments : "poèmes, vigoureux, fort rythmés. Avoir pour horizon d'écriture Saint John Perse et Char, on fait pire !"

De quoi vous donner envie de lire, nous l'espérons, et de vous enthousiasmer à votre tour, nous vous le souhaitons.

 

Anita Beldiman-Moore