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Entretien
avec par Brigit Bontour |
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Pour accompagner le deuxième
volet de nos pages consacrées aux beaux livres de fin d'année,
comme promis, l'interview de Philippe Noisette. MODERNITE Journaliste du spectacle vivant : danse, cirque, musique, depuis douze ans, Philippe Noisette connaît assez bien les acteurs du monde de la danse et de la mode pour avoir mis à jour avec talent, les liens entre danse et costume. Costume, mot, qu'il préfère de loin au mot à celui de mode qui ne convient pas selon lui à l'art de la danse. Brigit Bontour. Quelle a été votre idée de départ pour l'écriture de votre livre " Couturiers de la danse " ? Philippe Noisette. J'avais envie d'un livre très
illustré pour décrire les liens étroits existants
entre costume et danse. Très vite, je me suis aperçu
à travers des exemples concrets que tout au long du vingtième
siècle, costume et danse étaient réunis lors
des spectacles importants : Régine Chopinot et Jean-Paul Gaultier,
Christian Lacroix et Carole Armitage, Yves Saint Laurent et Roland
Petit
..pour ne citer qu'eux. BB Philippe Noisette. Bien sûr, ceci, grâce à Diaghilev qui a senti l'exceptionnel potentiel des artistes réunis autour de lui et a lancé avec Gabrielle Chanel le costume indissociable du mouvement du danseur. Pour la première fois sur scène, des danseurs en maillots de bains croisaient des joueurs de tennis vêtus des jerseys qui feront la fortune de Chanel.
En fait vous avez surtout cherché à écrire une histoire du costume de danse plutôt qu'une énième histoire de la danse. Quels ont été vos obstacles principaux ?
Oui, j'avais ce projet, et en
" fouillant le pas de deux de la danse et de la mode " tout
au long du 20 ème siècle, je savais qu'à partir
de très nombreux dessins et croquis inédits, le résultat
pouvait être intéressant mais j'avais sous-estimé
les difficultés.
La danse est sans doute l'un des arts les plus anciens, mais que représente-elle par rapport aux arts plus " académiques " ? Par ailleurs, pourquoi la danse moderne est-elle si méconnue, et à fortiori son alter ego, le costume comme vous le démontrez dans votre ouvrage ?
Il est vrai que la danse est un
art universel. Les hommes préhistoriques dansaient déjà.
De nombreuses fêtes populaires, ou non sont accompagnées
de danses. BB Quelle est l'interférence entre le costume, l'intervention du créateur et la danse, art en mouvement ? Philippe Noisette Le costume permet de voir comment chaque créateur s'est posé la question de la contrainte du corps en mouvement. Le couturier n'habille pas un danseur pour être beau mais pour qu'il puisse vivre, bouger, faire partager ses émotions, transpirer, vivre. BB Le costume n'est-il pas aussi pour le couturier un terrain d'expérimentation rêvé pour ses futures collections ? Philippe Noisette. Si, la plupart du temps. C'est
le cas par exemple de Jean-Paul Gaultier qui a dessiné en 1993
des cagoules pour Régine Chopinot. Or ces costumes n'étaient
pas du tout destinés à la pratique de la danse . Elles
furent abandonnées et
. reprises en cette saison, lors
de la collection prêt à porter 2003-2004 où des
cagoules sont attenantes à des tailleurs. Mais plutôt
que de parler de ratage, il faut parler d'essais, de recherches et
jamais d'échecs. BB Quel est le spectacle qui restera dans votre mémoire comme le plus abouti, le plus émouvant ?
Sans aucun doute celui de Merce
Cunningham en 2000, " Scenario ", habillé des costumes
de Rei Kawabuto de " Comme des garçons ". Brigit Bontour |
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