Martine Le Coz est une
petite dame brune charmante à la voix très douce, totalement perdue au rayon signature d'un grand magasin à quelques jours de
noël.
EV? :
Pour avoir si bien décrit les techniques de la peinture et de la médecine, êtes-vous peintre ou médecin vous-même ?
M. Le Coz :
- Je suis peintre de formation. J'ai toujours eu le rêve d'être illustratrice. Rêve que je commence à réaliser puisque je publie prochainement un livre de portraits d'écrivains.
Pour les descriptions du choléra, j'ai tout simplement inventé à partir de certains documents et je les ai fait lire à mon médecin qui les a trouvées particulièrement réalistes.
EV? :
Le personnage de Lodran est-il imaginaire ?
M. Le Coz
- Totalement.
Elle se reprend :
- Oui, complètement imaginaire, en fait j'ai juste inversé l'ordre des syllabes du nom de mon médecin. Il s'appelle Roland, celui du roman, Lodran…..Ils ont toutefois en commun la bonté courageuse du médecin.
EV? :
Depuis quand écrivez-vous ?
M. Le Coz :
- En fait, j'ai commencé très tard, vers vingt neuf ans. Avant, je dessinais, je peignais. Je suis graphologue également. J'ai juste ajouté l'écriture à mes différentes façons de m'exprimer.
EV? :
Pourquoi avoir situé votre roman au dix-neuvième siècle ?
M. Le Coz.
- Sans doute pour la peinture. Pour le personnage de Huet. Etant peintre moi-même, je suis très sensible à cet art que j'avais déjà abordé dans " la palette du jeune
Turner ".
EV? :
Quelles ont vos influences ? Dumas dont vous brossez un portrait saisissant dans Celeste ?
M. Le Coz :
- Non, pas particulièrement, je l'aime bien mais je suis surtout impressionnée par Emmanuel Levinas.
EV? :
Quelles sont vos méthodes d'écriture, avez-vous une discipline ?
M. Le Coz :
- Non aucune, j'écris partout, n'importe quand. J'ai même écrit un livre
entier : la part de l'autre " dans le train en venant chaque semaine à Paris suivre les conférences d'Emmanuel Levinas.
EV? :
Avez-vous été surprise par l'attribution du prix Renaudot ?
M. Le Coz :
- Oui, mais depuis quelques jours, les rumeurs se faisaient insistantes. D'autre part j'avais déjà failli l'avoir pour " le nègre et la méduse. "
Un entretien
avec Brigit Bontour
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