soleils.jpg (28619 octets) Soleils et cendre

15 rue Champfeuillard
89100 SENS
France
Directeur de Publication : H.Tramoy

Soleils.Cendre@wanadoo.fr

http://perso.wanadoo.fr/serge.tadier/

 

 

 

Comme l’explique très bien le site du même nom, " Soleils et cendre ", c’est une revue "d’écriture ", un concept unique en son genre. Une revue qui met en scène l’acte d’écrire comme "jeu " mais surtout comme "travail " au sens le plus noble du terme. Plus qu’une revue : une invitation à écrire puisque chaque numéro sollicite l’inspiration des lecteurs-auteurs sur un thème, comme dans un atelier écriture. Plus qu’une revue : un laboratoire, puisque l’association propose une effervescence d’activités (ateliers, lectures publiques, éditions, expositions…). La visite du site est recommandée !

Soleils & Cendre N°40 : Trous du monde

Solliciter les lecteurs sur le thème du trou ? Il fallait le faire, ils l’ont fait. Même si le rapport de certains textes avec le thème est un peu distendu, le résultat est bon, à commencer par la couverture " collage " d’Isabelle Ducastaing.

Comme pour le dernier numéro, j’apprécie beaucoup le texte collectif d’introduction qui nous explique le mécanisme des  Siphons en quatre lois  et sans ponctuation: Première loi l’air ignore les regrets de la chair / (…) Deuxième loi l’eau exauce l’appel de la nausée (…) Troisième loi la terre tresse son héritage de terreur (…)Quatrième loi le feu refoule ses fureurs dans les reflets nus de l’esprit (…) Dans le prisons du monde le monde étrangle ses sanglots (…) Je voudrais bien connaître leur recette, moi. C’est pas si facile de faire un texte collectif qui se tient.

Alors, un trou, ça vous fait penser à quoi ? Entre autres….

Henry Tramois se laisse aspirer par le vertige de l’écriture dans un beau texte truffé de pièges sémantiques : Trou de la poésie : hait qu’rire hait cri vain (…) écrire comme certains boivent / comme un trou. Le trou lui évoque inexorablement le chemin des Bistrots : Dit-on d’autres lieux/ qu’ils trébuchent/ et pourtant solitudes s’y croisent/ (…) les mains pensent l’épure d’une bouffée/ glissement progressif et l’eau qui brûle / fait prendre une habitude pour un désir./

Guillaume Vivier est en érection devant le plus beau trou du monde, il porte un X en filigrane. Un texte impudique et vrai, plein de lucidité et d’humour sur le jeu amoureux et sa " première fois " : J’ai les couilles crucifiées sur le cerveau avec cette fille. J’écris sur sa peau d’évangile le Yod de la chatte humide psaume 2… Mon chien est au garde à vous. (…) J’entre et je sors comme un coucou de pendule dans sa coquetterie de jeune fille/ Après j’ai un peu pitié d’elle mais elle me remercie je ne sais pas pourquoi.

Dans Dérivée, Annie Macelin propose trois " versions sur un même thème " ou plus exactement, trois textes sur les mêmes mots.

Pour Gérard Lemaire, un trou c’est aussi " ce qui arrivait " à deux heures de l’après-midi , l’heure angoissante de la sieste où la vie s’arrête.

Pour le reste, le sommaire et les prochains thèmes peuvent se consulter sur leur site.


Soleils et cendre n°39 : lettre d’amour.

La revue commence fort avec un excellent texte collectif. Derrière les initiales des auteurs nous reconnaissons les membres du comité de rédaction : Tu me plais/et le soir ramène le mors des mes envies/Tu me mens/ façon d’oser tuer la terreur des armes.

Suit un bouquet de lettres d’amour tel qu’on n’ose pas rêver d’en recevoir :

- Un texte mystique d’Elisabeth de la Trinité : lettre d’amour au Christ !

- Serge Tadier écrit à Mon A mour (…) il n’a que l’éther nuitée des maux d’amour.

  • Une lettre-poème de Marc Syren : sur le palier deux voix se rencontrent pour déclarer à l’oiseau du dehors la pérennité des rois mages en ce temps de manque.
  • Gabrièle Bénitah prend des risques quand elle aime : Je me veux proie/ et vous veux prédateur/ (…) Je veux ma chair dévorée…Elle est également très inspirée et nous livre quatre lettres à la suite.
  • Très émouvante : les deux lettres qu’Alexandre Génovèse adresse aux deux femmes de sa vie : son épouse et sa mère, pendant la première guerre mondiale alors qu’il était prisonnier en Allemagne.
  • Une autre du front du Vietnam par Yves Béal : Et ton nom explose dans les filets/ de mon cerveau comme la chute d’un oiseau
  • Une lettre d’Aragon "offerte" par Maurice Nadeau éditeur.
  • Un texte de Marc Rousselet : Cet amour engrené/ plus prodigue qu’une averse de printemps
  • Henri Tramoy s’adresse à "Madame" : Vous m’aviez laissé croire, musique saccagée, à de mobiles fêtes.
  • Un long texte de Pierre Colin où je me perds un peu dans la profusion de mots. J’ai aimé : J’attends quelques soleils gelés à pendre au ciel.

Ca et là, des textes manuscrits que j’ai du mal à déchiffrer. Personnellement, je préfère la neutralité de la typographie pour mettre un texte en valeur.

Une pèche fructueuse donc. Espérons qu’elle le sera tout autant pour le prochain numéro (juin 99). Soleils et cendres jette son filet sur le thème : le trou. (Explications sur le site). Envoyez vos textes avant le 15 mai.

 

Xavière Remacle