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Sapriphage


118 av. Pablo Picasso
92000 Nanterre
France

directeur de publication : Gilbert Desmée


Sapriphage est une revue exigeante qui a habitué ses lecteurs à des numéros thématiques originaux (Poésie amérindienne, antillaise, de Thessalonique…) avec un petit faible, dirait-on, pour la poésie belge (Poésie belge d’expression française, dossier Jean-Pierre Verheggen, Werner Lambersy).


Sapriphage n°36 : La farce crachée de la Proésie

Comment parler de ce numéro ? Des textes à première vue illisibles, un compact disc… Tout s’explique : Sapriphage est consacré à la poésie sonore, il ne se raconte pas, il s’écoute. Il se lit à haute voix. Il se crie. Comment vous faire passer sa teneur autrement qu’en style allusif ? Visuellement, je suis attirée par le texte de Patrick Dubost qui joue sur tous les tableaux, le son, l’image et le sens: 30 milliards d’années, on est tous né. comprit qu’être né / n’est pas tout/ qu’il fallait voyager/Né : guillotiné/ Mort né/ crayonné… Mais il faut écouter cela dans le noir, étendu sur un divan. Le rôle de la revue papier sera ici de " penser " cette poésie, de l’analyser, de faire le bilan d’un courant vieux d’un demi siècle et pourtant toujours absent des anthologies et des dictionnaires, qu’on l’appelle poésie sonore ou poésie action.

 

Bernard Heidsieck, le maître du genre, livre en vrac des notes convergentes et s’interroge sur le rôle du support papier qui ne devient ni plus ni moins que la pellicule d’un film dans sa boite au regard de sa projection sur écran, qu’une partition musicale au regard de son exécution. Il parle du besoin organique du poème de sortir de la page. Suivent des réflexions sur le cri d’Artaud et sur le crirythme de François Dufrêne.

Un article de Guillem Fabre décortique à son tour un poème de Bernard Heidsieck, La poinçonneuse et le rôle primordial du magnétophone dans sa création.

Pour une néophyte comme moi, l’article de Gérald Morales est particulièrement éclairant : j’apprend que la lecture silencieuse ne devient habituelle qu’au Xème siècle, époque avant laquelle il n’y avait pas de séparation des mots dans le texte écrit encore moins de ponctuation. Il était donc nécessaire de prononcer le texte à haute voix pour découvrir son sens. Une phrase qui pourrait servir de conclusion : Lire le texte en public c‘est le mettre debout après l’avoir couché sur papier.

Xavière Remacle


 Pour ses 10 ans d’existence, Sapriphage n°35 ouvre ses pages à sa propre équipe de rédaction et au comité de lecture. Gilbert Desmée réfléchit dans l’éditorial au chemin parcouru et surtout … surtout ! révèle aux lecteurs la signification de " Sapriphage ". Viennent ensuite beaucoup de longs textes en proses, un peu en vers libres.

Etonnants, les " livres sculptures "de Brig Laugier : de vieux livres pliés et découpés prennent des formes surprenantes aux titres évocateurs : " "motus et bouche cousue ", " oeil de lynx ", " vague ". Photographiés pour Alain Hélissen, ils lui ont inspiré les " li(vres)tanies " : Pliez pour nous/Madame Bovary/ Les misérables/Pliez pour nous/les chants de Maldoror/ Le rouge et le noir/ etc…

Raphaëlle Pomian : De sang et d’acier, 1ère partie Les tentations d’une croix. décrit dans un texte remarquable le parcours vers la mort d’une femme touchée par une maladie incurable. Ces pages sont bouleversantes de vérité.

Xavière Remacle