Rétro-viseur

Rétro-viseur magazine
Directeur de publication : Bernard Desmaretz
852 rue du Bois
62130 Hautecloque
France

Hervé Lesage, membre du comité de rédaction, compare une revue de poésie à une auberge où l’on tiendrait table d’hôte toute l’année. On en pousse la porte en passant, en curieux, en copain ; on y amène des amis. On s’attarde. On y prend vite ses habitudes, quelquefois même, on s’y incruste. (…) Une auberge voilà ce qu’est une revue de poésie ! Une auberge comme on aimerait en trouver à tous les carrefours de l’existence…

C’est encore plus vrai de Rétro-viseur que des autres. D’abord, il y a le trombinoscope ! Vous direz : c’est un détail, mais voir le visage des auteurs en haut de page contribue grandement à la convivialité. Derrière le texte, il y a quelqu’un. Cela permet, entre autres, de s’apercevoir que l’équipe de rédaction comporte une majorité de barbus. Mais je ne sais pas trop quelle conclusion il faut en tirer. Une génération " baba cool " peut-être.

Et puis, il y a la variété et l’originalité des rubriques. En PLUS des rubriques archi-classiques : dossier, poème, nouvelles, critique de revues et de recueils, Rétro-viseur vous offre pour le même prix celles qu’on ne trouve nulle part ailleurs (en tout cas rarement dans une revue de poésie) : CD (musique), " au plus près des mots ", (définitions de la poésie), Regard sur (arts plastiques), Chansons and Co (chanson française), Graffiti (aphorismes), Lu de Belgique (auteur belge), petites annonces (non matrimoniales J ) .

Décidément, on l’aime bien cette auberge. Bonne adresse ! On reviendra.


Rétro-viseur n°79

Il y a du neuf pour l’an 2000 chez Rétro-viseur : du côté des auteurs comme des rubriques. " Au plus près des mots " par exemple, laisse un éditeur ou un revuiste proposer sa collection de définitions de la poésie. Cette fois-ci la parole est Jean-Paul Mestas (revue Jalons).

Mais pour commencer l’an 2000 en beauté, un très bel éditorial de Bernard Desmaretz sur le 20ème siècle poétique. Le bilan est plus positif que ne le prétendent les esprits chagrins. Oui, le 20ème siècle fut plus riche qu’aucun autre en innovation poétique, recherche sur le langage, courants littéraires, manifestes, revues. Faut-il attribuer ce foisonnement au besoin d’espérance face à l’ampleur des guerres et des massacres de notre siècle ? Cette explication me paraît particulièrement pertinente pour le mouvement surréaliste. J’ajouterais au propos de B.Desmaretz : besoin d’espérance ET DE CONTESTATION.

Le directeur de la revue insiste sur la modestie de l’entreprise " Rétro-viseur " et ses 250 lecteurs mais fait remarquer que les grains de sable font le désert.

D’ailleurs la revue a le moral au beau fixe. Hervé Lesage fait les comptes : 84 nouveaux abonnés en 1999, 1126 recueils vendus… Fort d’une telle santé financière, il annonce la parution, de 4 nouveaux titres en 2000.

Un dossier de 16 pages consacré à Pierre Dhainaut, ce poète du Nord.

Pas étonnant d’y trouver une méditation en prose sur les Flandres françaises : A l’âge de vingt ans j’ai su que c’est au bord de la mer que je devais vivre (…) C’est dans la plaine des Flandres, bien avant de me trouver face au rivage, que j’ai pris la passion du rivage. L’entretien accordé à Jean-Pierre Nicol est très éclairant : Les dieux des cimes m’ont souvent paru grandiloquents : je préfère rendre grâce à cet arbre dans la cour entre les immeubles… Il s’insurge contre une poésie refus de l’ici … le privilège accordé au rêve aux dépens de l’état de veille (…) Toute mon évolution a consisté à me rendre compte de cette fuite, à revenir à l’ici.

Parmi les jeunes voix, Francine Guréghian-Salomé, Martine Gärtner, mais surtout Fabienne Alvarez-Giro et sa première publication en revue : " Stylite " dépeint les affres d’une mystérieuse créature juchée sur une inquiétante colonne de cartons vides très instable. Le style fantastique de cette nouvelle donne le goût de lire le recueil tout entier. Affaire à suivre.

Dans le genre " aphorisme ", Christian Hemeryck et Georges Cathalo se livrent à un brillant duel : Quand tout a été dit, c’est que tout reste à dire.
Certains poèmes sont comme des souliers : ils ne sont pas très beaux mais qu’est-ce qu’on est bien dedans.

A la rubrique CD, Lucien Wasselin a le mérite de ne pas se limiter à la chanson française à texte mais de parler réellement de LA musique, c’est-à-dire de TOUTES (Jazz, rock, expérimentale).

Bientôt la World et la techno au programme ?

Enfin dans les " petites annonces ", un peu de pub pour " Ecrits vains ? ". Sympa. Dommage qu’il y ait une erreur dans l’adresse !

 

Xavière Remacle