Remue méninges

 

Remue-Méninges
31 rue des Aiselies
6040 Jumet
Belgique

Directeur : Pierre Schroven

La revue réussit son programme : elle nous remue bel et bien les méninges. Elle privilégie la réflexion sur la littérature en proposant à son sommaire profusion d’entretiens qui donnent chair et âme au nom des auteurs. Les écrivains dévoilent un peu les coulisses de la création et nous font rentrer dans leur démarche. C’est une revue, de facture irréprochable, de présentation très lisible, très agréable, au contenu riche, dense, étoffé (une soixantaine de pages) : les rubriques sont de véritables chapitres. Il faut la lire en W.E. quand on a du temps devant soi pour la déguster.

Remue Méninges n°22

 Un format A5  spécial « poèmes » dédié à Marie José Viseur. Pas d’articles de fond, pas d’entretiens, rien que de la poésie pure. Un vrai plaisir de retrouver : Francis Tessa, Jean-Louis Massot, Jacques Kober, Claude Donnay, Eric Brogniet, Paul Van Melle, Marie José Viseur, Michel Voiturier, Erich Von Neff… et j’en passe.

Tous les textes sont bons. S’il faut en mettre un en exergue, je citerais Claude Donnay :  Sais-tu, ces aubes blanches/ que tu allumais pour mieux me berner, / poings dans la poussière, je les vomis/ ces refus d’obéissance : tout en raideurs/ que je brandissais du fond de ma soue/

Xavière Remacle


Remue-Méninges n°20

L’invité Bernard Tirtiaux, né à Fleurus en 1951, homme de théâtre, de chanson, de poésie, et… restaurateur de vitraux, reçoit l’équipe de Remue-Méninges (Eric Allard, Pierre Schroven, Salvatore Gucciardo) dans sa ferme de Martinrou (Belgique) dont il a fait un carrefour culturel. Il parle de son roman phare Le passeur de lumières paru chez Denoël en 1993 et du suivant les Sept couleurs du vent. L’entretien se clôture sur un choix de poèmes inédits.

Au chapitre suivant, une rétrospective de Jacques Kober, né à Chartres en 1925, poète, revuiste, éditeur, galleriste, critique d’art, grand voyageur devant l’Eternel. Sa bibliographie, des extraits, des textes inédits qui révèlent une écriture très moderne marquée par l’aventure surréaliste :J’ai respiré une fille qui étreignait/ce qui se fait en direction de toutes les jambes des fièvres des marais/ connaissant le bas de son corps comme une bride de sabbat/ la nuit faisait cri de partout dans une hémorragie de sable où le sperme lui-même vidait ses poumons./

Neuf pages consacrées au romancier " très discret " Christian Oster, publié par Fleuve Noir et Les Editions de Minuit.

Enfin des extraits du recueil Vous comme le loup de Christine Delcourt :le sang des biches/n’appartient qu’aux hyènes folles/qui rient aux préaux de nos nuits/pourtant lorsque votre bouche rouge/s’écosse en mon endroit (le bel endroit)/les cailles s’effarouchent au creux des dahlias/et l’on dit que l’été sera beau.

Xavière Remacle