Les cahiers de Poésie-rencontres

 

Les cahiers de Poésie-rencontres
61 av. Sidoine Apollinaire
69009 Lyon

directeur de publication : Marc Porcu

Poésie Rencontre publie " les cahiers " mais édite aussi des recueils de poésie auxquels donne droit l’adhésion à l’association. Contrairement aux autres revues de même épaisseur (200 pages), les cahiers donnent la priorité aux œuvres. C’est ainsi que pour le prix d’une revue vous recevez chez vous un vrai " livre " de poésie, à plusieurs voix. Le nom de " poésie-rencontres " s’explique parfaitement. Le lecteur appréciera particulièrement une rubrique qui fait défaut dans la plupart des revues : " Parcours " livre la biographie de tous les auteurs présents dans le numéro. L’équipe de rédaction fait le choix d’une poésie contemporaine très lisible.

 

Les cahiers de poésie-rencontres n°44-45

L’invité, un poète calligraphe Henri Renoux qui mêle avec bonheur calligraphie arabe et hébraïque. Je vois un rapprochement avec le style de Hassan Massoudy. . Le résultat vaut le détour. Mohammed El Amraoui lui rend hommage dans un texte bilingue : une encre/ et commence le signe/(…)Voici une silhouette / Qui dicte l’étrange/ Et la lettre /ses particules disent à leurs formes:/ vous êtes l’arrière/ où les langues/ posent la clarté des exils/ sur le fil d’un nuage/ (…) Me voici dans la blessure du dad/ j’annonce mon appartenance/ à l’étoffe primitive/ Mon traitement de texte ne me permet pas de vous livrer la version arabe tout aussi belle, mais une question me brûle : quel texte est la traduction de l’autre ? Mohammed El Amraoui me répondra peut-être un jour.

Ce numéro fait également place aux textes de ceux qui s’effacent toujours derrière les textes de autres, j’ai nommé : les revuistes !   C’est l’occasion de dire quelques mots sur leur revue : l’historique, la ligne éditoriale mais surtout de lire les poèmes des directeurs de publication et autres rédacteurs en chef. Les revues choisies sont " amies "  bien sûr des Cahiers, c’est dire qu’elles défendent la même idée de la littérature : Jean-Michel Bongiraud et Michel Monnereau pour la revue Parterre verbal, Jean-Luc Wauthier et Yves Namur pour le Journal des poètes; Pierre Vieuguet et Denise Desautels pour Bacchanales.

J’apprécie tout particulièrement les textes de Jean-Luc Wauthier : je jure ici devant tous/ que le livre seul/ sans feu ni lieu/ aurait dû être mon abri/ et que je n’ai rien à voir/ avec ces rues sages/ cette maison tranquille/ ces façades aiguës/ où crèvent les dagues de l’ennui./

Très original : Les mots de l’économe de Jean-Michel Bongiraud, ou l’apocalypse revue et corrigée par le capitalisme ": Tout finira un jour. / La terre explosera./ (…).(…) Nous aimerions bien/ mourir tous les jours/ pour empocher la prime d’assurance/ (…)maintenant que nous avons poussé/ les portes du ciel/ Que manifestement personne n’est derrière/ pour nous répondre/ laissons-nous retomber sur terre/ reprenons un abonnement avec l’humanité. ‘…)L’or que nous plaçons/ à la banque/ est cette mauvaise conscience/ que nous mettons de côté. /

Il y a encore beaucoup d’autres bons textes, entre autres ceux du poète maltais Olivier Friggieri traduits par Martine Vanhove. Mais 200 pages de poésie ça ne se résume pas !

Xavière Remacle