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Poésie première

Editions Editinter
B.P. 15
91450 Soissy-sur-Seine
France

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BP 15
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(en précisant au verso "Ecrits...vains ?")


Poésie/première, n°16

Robert Dadillon a su s'entourer d'une équipe de grande qualité, qui nous prépare chaque trimestre des articles de fond, des enquêtes, des dossiers qui sont toujours d'une grande qualité. Et c'est encore un numéro de haute volée qui nous est proposé avec ce numéro 16 de Poésie/première.
Tout d'abord avec ces dossiers sur deux auteurs marquants, aujourd'hui décédés : Gaston Criel et Guy Chambelland.
Gaston Criel, dont Gérard Lacha nous parle avec émotion, complétant son portrait par une interview détaillée de Samuel Tastet, qui fut l'éditeur de Gaston Criel.
Des extraits nous permettent d'entrer dans son œuvre et nous donnent un aperçu de son talent d'écrivain. Quelques lignes de "Circus " vous donneront une idée de son style, si vous ne le connaissez pas encore.

Inferno ... sens dessus-dessous ... branle-bas ... arrache haut... flammes... hyènes... chacals... tigres... loups ... chiens, chiennes; mâles, femelles émergent de la nuit.
Les draps de bruyère se déchirent sous la main de l'océan déchaîné.
Fracas du vent de l'eau, bouillonnement des laves coulées dans la matrice des poissons. Sur le sable des corps se roulent, biologies chercheuses de fraîcheur, odeur de poils roussis piquant atmosphère lourde de chairs crevées, déshydratées. En ce limon mutation de cellules s'accrochent des unions contre-nature.(…)


Deuxième dossier sur Guy Chambelland, poète et éditeur, préparé par Silvaine Arabo, qui l'a bien connu, ainsi que José Millas-Martin. Là aussi, les textes choisis complètent de façon heureuse les articles, qui ont pour point commun d'avoir été écrits par des auteurs qui aimaient Guy Chambelland ( homme d'ailleurs très controversé, comme toutes les fortes personnalités).
Parmi les poèmes choisis par Silvaine Arabo, j'ai particulièrement aimé " conseils pour habiter une vitre ", dont voici un court extrait :

D'abord descendre, passer du plan des yeux ? qui découpent dans trop de lumière ? à la chambre noire du thorax, où le monde se fait son écho, où sont les ponts. Encore : régler le coeur et la respiration sur la vitesse exacte du temps, dont donne mesure la sève des lilas ou l'allure des nuages à midi d'été. Surtout: quitter l'enveloppe de peau vermoulue où nous enferme la police des hommes et par les trous de quoi ne se glisse du monde que le gel pétrifiant. Parier sur un autre soleil, inaliénable. A qui a froid à l'âme se ferme l'aventure des fenêtres.(…)

Autre dossier intéressant : celui préparé par Daniel Leuwers sur le thème " Le désir de poésie ". Daniel Leuwers a invité un philosophe, Philippe Grosos, qui intitule son article très dense " sur un prétendu désir de poésie ", ce qui est tout dire !
" La poésie " -conclut-il, " n'est pas ce que nous désirons. Comment le pourrions-nous ? Elle est, telle une tâche d'existence, ce qui s'impose à nous en se révélant comme ce dont, ne le sachant, nous avions besoin ".
Ce dossier sera complété dans les autres numéros de Poésie/Première. Voilà en tout cas un excellent travail réalisé par Daniel Leuwers !

Jean-Bernard Papi s'en prend dans son billet d'humeur (et d'humour) à l'inénarrable Paco Rabanne ainsi qu'à un certain monde de l'édition et de la critique…bref, il frappe là où ça fait bien mal, et il frappe bien.
Deux autres auteurs, pour terminer : Eva Salzman et Anna Frailich, qui nous prouvent que Poésie/Première ne se contente pas des auteurs francophones et cherche les auteurs de qualité partout où ils se trouvent.

J.T.


Poésie/première n° 15

La revue ne cesse de s'enrichir de dossiers de plus en plus fournis et denses, consacrés à des poètes d'une qualité indéniable. Dans ce dernier numéro, j'ai eu le plaisir de découvrir deux nouvelles voix : celle du poète Marc Alyn, présenté par Michel Bénard et celle d'un Italien, Giovanni Dotoli, présenté par François Xavier. Est-ce le fruit du hasard ? est-ce délibéré ? Toujours est-il qu'on peut lire l'essai de Silvaine Arabo, Poésie et transcendance, dont la philosophie se rapproche étrangement de celle de Marc Alyn. "la poésie, dit Silvaine Arabo, déclenche chez le lecteur un état de transcendance, en ce qu'elle le relie, le ré-unifie, à quelque chose de plus haut : elle est religieuse (au sens du verbe "relier" qui signifie "refaire les liens"). Elle est donc bien, en ce sens, reconquête du paradis perdu, Verbe sacré, Mercure psychopompe, échelle de Jacob parcourue par les Anges." Et Marc Alyn, comme s'il lui répondait, de dire en ces beaux vers : 

"Ce qui commence ici : le chant le cœur qui vibre 
 Le dur cristal d'exister 
 La musique surgie du néant goutte à goutte 
 Note à note posée ainsi que sur le fil 
 De l'électricité les vives hirondelles 
 Ce qui commence ici au seuil de la clarté née de la 
 mort du Temps / […] - Mais l'homme inachevé broyé défiguré 
 En sa fugacité de poussière-étincelle 
 Contient le monde les océans le ciel 
 Son sang issu du vin des grappes des étoiles 
 Porte l'ivresse de l'univers.
"


Giovanni Dotoli est Italien, poète et essayiste, spécialiste de la langue et la littérature françaises. Il écrit ses poèmes en italien et les traduit lui-même en français. François Xavier nous propose un choix de poèmes dont je me fais un plaisir de vous citer un court extrait : 

"Je buvais l'eau obscure 
 Dans le brouillard du cœur 

 Orient je disais Orient 
 Où est la route de mon cheval 

 Au sommet des monts 
 Uniquement une poussière d'étoiles 

 Une voile de lin blanc 
 Déchira les ténèbres 

 Et le chemin reprit."
On peut lire également des textes en prose de Daniel Walther, Jen Townes, Max Alhau et Françoise Valencien dans la rubrique côté courts. 
Enfin, et c'est une agréable surprise : deux courts poèmes d'un ancien d'Ecrits… Vains, Emmanuel Hiriart : un poème humoristique sur la lune 

"Mais ce soir je la saisis  
Je lui mets un nez rouge 
 La lune titube elle est pompette
 Et je la fais tourner dans mes bras 
 Joyeuse enfin comme un ruisseau"
;

 le second, amer et grave : 

"Ici c'est la guerre 
 Des cloches et des rochers 
Dans la nuit tendue d'amandiers. 
 Sur les murs des maisons 
Les cartes de salpêtre 
Rabâchent les chemins 
 Nostalgiques des vieilles 
 jeunes filles du village. 
 sur le tympan d'Aguero 
 Depuis longtemps le christ 
 Siège étranger à la lutte
."

Je rappelle à tous ceux qui s'intéressent à la poésie vivante que Poésie première propose un abonnement préférentiel aux auteurs et lecteurs du site: 90 francs par an pour 3 numéros, accompagnés de recueils récemment édités. Pour cela, il suffit de préciser au dos du chèque d'envoi : spécial "Ecrits… Vains ?" 

Marie Bataille


Poésie Première n°14

 Dans l’éditorial, Laurent Bayard prophétise : le prochain millénaire sera poétique ou ne sera pas. Loin d’être de doux rêveurs, les poètes ont bien plus les pieds sur terre que les citoyens béats scotchés à leurs télés. Ils sont déjà en train de créer le monde de demain sur Internet et contribuent, semble-t-il, à relancer la lecture, voire l’écriture.

Une bonne étoile passe dans le ciel de Jean l’Anselme. Ses délicieux poèmes " cons " sont courtisés, à juste titre, par les revues : Décharge, Europoésie, Inédit Nouveau et maintenant Poésie Première. Jean l’Anselme choisit l’humour comme arme contre les rois ou contre tout autre fléau et particulièrement la bêtise, ce défaut d’autant plus dangereux que comme la mauvaise haleine, ça ne se remarque que chez les autres.

Les textes en prose, récits, nouvelles sont à l’honneur dans ce numéro : un texte touchant de Jean Jacques Nuel sur Le marché de la poésie, un billet d’humeur intéressant sur le foulard islamique de Jean Bernard Papi qui évoque l’Andalousie du 13èS avec nostalgie.

Sous le projecteur, Isabelle Poncet-Rimaud, présentée par Denis Emorine, un très beau choix de textes : Quand tu m’absentes/ tombe l’ombre dure, / mettant hors d’âme/ le secret de ce lieu/ où s’épousent nos vies.

A la rubrique, le poète polonais Jozef M.Rostocki, (Editions Editinter) à découvrir d’urgence ou à relire aussitôt pour sa simplicité et sa modernité, et aussi parce que ses textes sont inclassables, poésie ou prose, tableaux ou récits ?

Dans son article " une île au cœur du monde " François Xavier s’indigne du drame de la Yougoslavie avec le poète bosniaque Abdulah Sidran.

Jean Christophe Belleveaux (Comme ça et autrement) clôture ce numéro avec une phrase qui enclôt le jardin : y a-t-il dans la langue / une région quiète/ - la poésie peut-être- / un rivage où s’étendre, / le souffle délivré,/ le corps à l’air accordé.

Décidément, Poésie Première ne déçoit pas.


Poésie Première n°13 

invite Jean-Claude Walter, poète alsacien né en 1940, publié essentiellement chez Rougerie. Des poèmes tantôt rimés, tantôt en vers libres, toujours " modernes ". Un grand poète à (re)découvrir : Cette vie que tu jettes à l’encan/ comme éclats de quartz dans le cœur/ des anges livides …

A la rubrique " auteurs disparus ", une petite anthologie d’Alain Borne (décédé en 62), accompagnée d’une impressionnante bibliographie où les œuvres posthumes sont aussi nombreuses que celles publiées de son vivant. Phillipe Biget analyse l’influence de Rimbaud sur son œuvre, en particulier " Une saison en enfer ".

Salué par Aragon, René Char et Pierre Seghers, comme un solitaire sans concession, un grand poète de l’amour :

La vie est trop petite/ puisqu’il n’y a pour vous saisir/que des gestes infimes ( …) parler pour ses propres oreilles/ pour que du cœur au cœur/ l’amour brûle ses circuits…

Jeune poète roumaine (née en 1970) Dorina Bodéa traduit elle-même ses oeuvres en français : un regard inédit sur la capitale belge dans " Une journée à Bruxelles " Tu me fais cadeau des regards glissants/ sur de hauts immeubles/ Mon âme est en reflux (…)

Des haïkus pour parler de la guerre civile en Algérie : ce sont les textes percutants de El Mehdi Chaïbeddera pour qui la poésie est une arme (de paix) : tout est verrouillé/ au rafting de la folie/la vie se fracasse.

A lire absolument de lui : Rentrée scolaire.

La revue s’achève sur deux rubriques : côté courts qui accueille de courts textes en prose et poésie plurielle où l’on remarque un très beau texte de Silvaine Arabo. Décidément, Poésie Première c’est une excellente revue. Il n’y a rien à jeter. Comme tout vous citer n’est pas possible, il n’y a qu’une solution: lisez la. Ordre du médecin.