LA PAGE
BLANCHE

 

Directeur de la publication : Pierre Lamarque
Directeur de la rédaction : Constantin Pricop

Réalisation : Mickaël Lapouge

Siège social : La Page Blanche 27 bis RN 113 - 33640 Beautiran,
France

Abonnement : un an / six numéros :

- Electronique : 15 €

- Papier : 30 €

www.lapageblanche.com

Il s'agit d'une revue de poésie orchestrée avec talent par Pierre Lamarque et Constantin Pricop.

Il est important de noter et d'adhérer à la pensée de Jean-Pierre Longre qui, écrivant un article de présentation de La Page Blanche sur Sit'art mag rappelle ses caractéristiques de publication internationale :

" dans l'aller-retour francophone entre P. Lamarque et C. Pricop, entre l'Aquitaine française et la province roumaine de la Moldavie, c'est l'Europe dans toute son étendue qui pose sa marque en filigrane sur La Page Blanche."

Jean-Pierre Longre, maître de conférences en littérature et XXème siècle à l'Université Jean Moulin Lyon 3, spécialiste de Queneau.

Depuis le numéro 18, la revue est publiée également sous un format papier : sa présentation est belle, sobre, le titre sur fond gris.

" Un lointain été. Quelque part dans l'Europe de l'Est. J'avais vingt-cinq, vingt-six ans. Un jour ensoleillé dans un village des Carpates..." Voilà les premiers mots d'un éditorial de Constantin Pricop (N°18). De quoi nous inviter au voyage, à la lecture de ce qui suit. Créations, réflexions, analyses et commentaires
(invitations à la lecture, notes de lectures...) . A ne pas oublier la rubrique Le poète de service : Stéphane Méliade pour le numéro 19, France Weber et Mireille Disdero-Seassau pour le numéro 18.

La Page Blanche propose donc sans exclusivité dogmatique une poésie vivante, en marche - vous trouverez dans chaque numéro un livret d'e-poésies offrant un aperçu de l'écriture poétique actuelle, au moment même où elle s'écrit - une diversité de voix ainsi que des réflexions très poussées sur la poésie. Enfin, une exigence dans ses choix qui en fait toute la qualité.

Je vous invite à la découvrir si ce n'est déjà fait.

Janvier février 2002, numéro 18
Un numéro qui commence avec Epitaphe, de Léopold Sédar Senghor et l'éditorial de Constantin Pricop : Le perroquet de F.

***

45 pages denses, plus le cahier des e-poésies (25 pages) et une couverture à rabats élégante et sobre.

La première rubrique déjà citée plus haut est celle du Poète de service qui, pour les mois de janvier et février 2002 sont France Weber et Mireille Disdero-Seassau présentées par Jean-Michel Niger et Eric Bertomeu :

" L'exigence poétique s'impose comme compagnon par défaut des solitudes suprêmes de la lucidité, vivre dans le rapport comme entreprendre les relations de ce voyage d'un jour qu'est notre vie. "

Eric Bertomeu

Mais aussi,

" C'est l'une des caractéristiques essentielles de toute oeuvre authentique que d'offrir une multiplicité d'approches et d'excéder par avance toute tentative de réduction à un commentaire définitif."

Jean-Michel Niger


Les poètes de services proposent une dizaine de textes chacun. Par exemple :

Je t'ai dit l'essentiel,

Nous équilibrons nos extrêmes

En tanguant sur le fil de la vie.

Entre rouge : l'humaine circonstance

Et bleu : l'appel ressenti,

C'est l'infini entre nos rives.

Reculer est-il possible ?

Reculer est-il nécessaire ?

Avancer est toujours un péril,

Décider, est le plus grand courage.

Ce sont là nos apprentissages,

Nous nous rejoignons dans le vide.

Chaque pas est si douloureux,

Chaque pas est toujours un premier

Dans les pas funambules de l'être.

France Weber

Ce numéro de la revue nous propose également dans le cadre de la rubrique Non poésie du monde : "C'était l'enfer dedans, Dehors ce n'est pas le paradis", par Marcos Winocur et "Lorenzo Perrone, Le Juste Gentil", par Valery Oisteanu :

Lorenzo Perrone était un maçon originaire de la ville d'Alba (Piémont, Italie). Cet artisan fut employé par les Allemands pour travailler pour le compte des Nazis. Un aide, venu d'Auschwitz, lui fut accordé un jour, nommé Primo Levi, membre de la résistance anti-fasciste italienne, expulsé en 44 vers un camp de forçats. Avant cela, Primo était ingénieur chimiste, et en tant que tel gestionnaire d'usine de peinture. Après son arrestation, on l'orienta sur un camp de forçats plutôt que vers une chambre à gaz, et c'est ainsi qu'il se retrouva aux côtés de Lorenzo, maudit Italien avec son accent du Piémont, devant une auge de mortier renversée (...).

Au sommaire du numéro 18 également, la rubrique Moments critiques nous invite aux "Ailleurs logiques" et "Invitation à lire Marcelin Pleynet", de Sonneur, avec notes bibliographiques et esprit pour le moins lucide :

" La littérature est morte, agonisante qu'elle était déjà depuis bien longtemps. Rien de nouveau, rétorquera-t-on : soit, mais il faut répéter encore et encore ce qui est inaudible. Des coups lui furent portés par plusieurs : Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Joyce, Artaud, Céline, etc. Quelques-uns essaient encore de l'achever alors que c'est inutile, impatients d'expérimenter le fait qu'ils ne peuvent s'empêcher d'écrire, trop exposés ou trop confidentiels pour qu'on puisse les entendre (...)."

Suivent les rubriques Brèves, où Hervé Chesnais nous affirme être "comme tout le monde" mais surtout où pèse un "Bourdieu mort. Un de moins pour lutter." Valery Oisteanu et la mort de Gellu Naum, poète et dramaturge surréaliste roumain, le 30 septembre 2001 ... Les Notes de lecture puis Les signes sur la page blanche, avec "L'idée du voyage comme oeuvre littéraire", "La définition de la poésie", puis "Ce que dit la poésie" par Constantin Pricop :

"... Le poète "travaille"-t-il vraiment avec les mots ? Cette formule est-elle correcte ? N'est-il pas plus adéquat d'écrire que le poète vit à l'intérieur du langage (comme le poisson dans l'eau), qu'il a un culte pour les mots ou quelque chose de semblable ? En tout cas, ce qui est sûr c'est que les vrais poètes ont une relation spéciale avec les mots..."

On note enfin, parmi les poètes publiés dans ce numéro, plusieurs auteurs connus et publiés aussi sur EV ? : Eric Bertomeu, Jack Aswald, Catherine Raucy, Hervé Chesnais, Sylvain Delétang, Santiago Molina, Jean-Michel Niger, Sonneur, Christian Simionescu, France Weber, Stéphane Méliade...Et bien sûr Constantin Pricop et Pierre Lamarque :

éloigne-toi de quelques centimètres

du clou du mur du miroir

Pierre Lamarque

Pour résumer, un numéro qui ne dément pas l'esprit de La Page Blanche, "à la fois reflet et antithèse (...), adhésion et combat." suivant la formule de Jean-Pierre Longre. Vous pouvez lire son article concernant la revue à :

http://www.sitartmag.com/pageblanche.htm.

Je vous invite maintenant à découvrir les différents numéros de La Page Blanche ou même, pourquoi pas, à vous y abonner. Le format de l'exemplaire papier est particulièrement agréable à feuilleter - je précise que la conception et la mise en page sont réalisées par Mickaël Lapouge que je félicite au passage -. Je vous souhaite une belle exploration de cette remarquable revue de poésie.


Mireille Disdero-Seassau