Le Non-Dit

Le Non-Dit
6a rue du Broeck
1070 Bruxelles

Directeur de publication : Michel Joiret

Revue trimestrielle publiée avec le soutien de la Communauté française de Belgique, qui s’apparente davantage à un bulletin (20 pages A4) d’actualité littéraire (parutions de livres, conférences et spectacles…) en Belgique.

Quelques pages sont pourtant consacrées à des inédits, poèmes et nouvelles, d’auteurs belges essentiellement. La présentation est classique, sage, très lisible.

 Le Non-dit n°45 janvier 2000

 Un dossier consacré à Werner Lambersy , (  à Anvers en 1941)  rassemble des amis autour du « haïkiste belge » : Pierre Dhainaut, Liliane Wouters, Parviz Khazraï (qui l’a traduit en persan), Horia Badescu (qui le compare au Père Noël), Michel Joiret qui commente « L’Horloge de Linné », Michel Voiturier évoque ses mots sans prétention à l’écoute du monde, Léo Beekman qui nous assure que le poète vieillit bien comme le bon vin, Daniel De Buycker. Je préfère citer Werner Lambersy lui-même :  Ici sur cette terre où je suis né/ parmi les pierres/ jetées au fond du puits/ dans le gravat des galaxies/ et les sanglantes boues/ du vieux pansement des jours/  

Dans les Inédits, en poésie, Michel Voiturier réussit à écrire sur un thème aussi délicat que le Kosovo : rouler vers l’espoir/ passe par les routes pilonnées/ mais c’est à pied/ que se gagne la frontière ultime/ (…) entracte en silence/ aux méridiens des escarmouches. Du côté des nouvelles, trois textes de Michel Torrekens. Mon préféré, « au bout du canal » nous conduit aux frontières embrumées de la mort.

 Xavière Remacle


 

Le Non-Dit n°44

 La rubrique « Entre nous » s’entretient avec Nadine Monfils, critique littéraire et cinématographique, animatrice d’ateliers d’écriture, scénariste et …auteur de romans noirs dont elle résume ainsi la recette : un bonbon acidulé avec un pétard à l’intérieur. Elle déplore que les auteurs belges doivent passer nécessairement par Paris pour s’ouvrir à l’édition, en tout cas en ce qui concerne le roman noir.

 « Poste restante » présente quelques livres récemment parus : La soif et l’Oubli de Jean-Luc Wauthier ; Rue Josaphat de Franck Andriat ; La porte du temporel de Jean Dumortier.

 Parmi les inédits de poésie, quelques courts poèmes de la regrettée Marie-José Viseur, une grande poétesse belge parmi celles qui ont vu le siècle : Apnée/ entracte aux souffles/ vallée graciée / formes, couleurs dénudées,/ toutes pulsations soustraites/ à l’émolliente injonction./ Rien n’est plus cravaché par l’exigence des rythmes.

Le poète tunisien, Mongi Ghodbane, est aux côtés du Vietnamien Le Dat, promoteur en 1956 du mouvement Nhan Van G’ai phâm pour le renouveau culturel et la démocratisation du Vietnam. Il fut interdit de publication pendant 30 ans et réhabilité en 1987, enfin édité en 1994.  Il traduit lui-même en français sa poésie  qui rencontre un écho important dans la diaspora vietnamienne : Le cactus de ses fleurs écarlates paie sa dette d’amour/ l’encens trois fois allumé aucune réponse pyrogène/ Les mânes sont chez eux ou en balade au vert/

 Pour terminer, une nouvelle « acide » de Liliane Schraûwen résolument antipatriarcale.


Le Non-Dit n°42 avril 99

Serait-ce la saison des commémorations ? Les 50 ans des Midis de la Poésie, fondés à Bruxelles en 1949 par Rogert Bodart et Sara Huymans, sur base d’une idée simple comme l’œuf de Colomb : parler de poésie aux gens pressés, chaque mardi de 12h40 à 13h30. Une formule qui fait recette : la salle rassemble jusqu’à 600 personnes dans ses beaux jours, jamais moins de 150. Il y a de l’espoir pour les poètes.

Le centenaire de Maurice Carème, le plus important poète belge de l’enfance. Qui ne l’a pas appris à l’école ? J’apprends dans cet article que ses textes ont été mis en musique par Carl Orff, Darius Milhaud, Francis Poulenc.

La rubrique " Poste restante " fait parler des auteurs sur les livres des autres. Ca les change un peu.

Liliane Schrauwen, qui nous fait cadeau un peu plus loin d’une nouvelle " Album de vacances " présente Monique Thomassetie et son dernier livre paru chez Luce Wilquin, " les seins de lune ".

Dans les inédits, je remarque : Paysages zoom avant de Michel Voiturier. Un texte un peu trop chargé de Olivier Coyette mais de beaux passages : Ce qui nous reste, à nous qui avons été déposés, c’est cet acte essentiel de chair entre deux êtres, entre deux eaux, qui à la fois nous déplie et nous multiplie.

Mais surtout les poèmes de Roger Brucher, un peu ésotérique mais j’aime ça : Si lent Ce/nom de nom de Dieu/silencissime/ dit-il, muet, inassouvi/ à l’Autre./

Xavière Remacle