Le Spantole

12 Le Fosteau
6530 Thuin
Belgique

Directeur de publication : Roger Foulon

Revue fondée par l’association des Artistes de Thudinie qui organise régulièrement des événements culturels et artistiques.
Centrée sur la région de Thuin, elle est ouverte à toutes les voix, jeunes ou confirmées, en donnant cependant la priorité aux auteurs belges.


Le Spantole N°320

 Où l’on apprend que Max Vilain vient de publier l’ensemble de ses articles sous le titre « Au long des chemins, au fil des bouquins ». Dans ce numéro, il raconte Taïwan à sa façon, c’est-à-dire avec le regard naïf et incompétent de l’occidental qui n’a jamais mis les pieds en Extrême Orient. (…) Un milliard deux cent millions de Chinois du continent regardent ces vingt millions de Taïwanais qui ont osé le premier régime démocratique de l’histoire de Chine. Comment se désintéresser de cette partie capitale qui se joue en Asie Pacifique ?

 Plus loin,  je reconnais « mon » Ostende dans le texte de Julie Rondeau : Ostende/ fauche les téméraires/ enhardis par les derniers alcools/ des aube funèbres. (…) Ostende/ des colonnes de cauchemar/ Spillaertiennes/ s’échappe/ un petit point/ un petit garçon / court/ court vers nous/ malgré le blizzard.

 Beaucoup de textes en prose. De très belles gravures. Les auteurs de ce numéro sont des habitués de la revue. Le Spantole donne l’effet d’une petite famille, mais je sais que cette famille est ouverte et accueillante à tout nouveau venu.

Xavière Remacle


Le Spantole n°317

Un numéro très Millenium .

Un article de Max Vilain explique que la magie des chiffres surpasse celle des nombres, car si nous ne serons au 21ème siècle qu’en l’an 2001, l’impact du changement de chiffre à la colonne des mille est considérable. C’est bien cela qui impressionne.  C’est bien cela qui fait du réveillon de l’an 2000 un réveillon pas comme les autres. Il semble que les ordinateurs aient été bien moins impressionnés que nous puisqu’ils n’ont pas souffert du bug. Aurions-nous projeté sur la machine notre propre psychologie ? Max Vilain cite encore Charles Péguy qui s’étonnait de l’impact historique des siècles qui ne sont pourtant que des découpages arbitraires. (Oui chaque siècle a son esprit, sa mentalité, mais quand commence-t-il et finit-il réellement, entre les ringards et les avant-gardistes? Rimbaud, de quel siècle était-il ?)

 Un « conte de Noël » de Roger Foulon. Un dialogue étrange de Yvon Givert «Ailleurs » évoque les camps de réfugiés où nous reconnaissons toutes les déportations de ce siècle. Beaucoup de textes en prose, les aphorismes aqueux de Michel Torrekens : l’eau n’a pas d’odeur sauf quand elle se frotte à l’homme.

Anne-Marie Girardot continue inlassable le cours de sa pensée : la pensée/ crée un rêve/ puis construit le réel/ Peu à peu/ elle devient/ tributaire/ du réel engendré/ par ce rêve/ Je commence à prendre goût à ce feuilleton poético-philosophique.

Xavière Remacle


Le Spantole n°316 

Singapour, monde à l’envers un récit de Max Vilain  qui évoque par petites touches le dépaysement, l’étonnement du fraîchement débarqué, des scènes bien observées qui me rappellent mon expérience de la Thaïlande et de l’Inde. Et oui, l’étranger c’est vraiment le monde à l’envers : Chez nous la pluie est détestée, elle donne du temps froid. Ici, on trouve qu’elle permet de respirer. (…) A Singapour, on grelotte fréquemment dans le souffle de la climatisation, si bien qu’on va se réchauffer dans la rue ! D’ailleurs vois ce bus qui arrive. Que lis-tu à l’avant de celui-ci ? Air con ! Est-ce qu’on affiche ces choses-là ?

Une nouvelle étrange d’Evelyne Wilwerth, Par ici la sortie, qui se termine comme le dernier roman d’Amélie Nothomb (Stupeur et tremblements) : chez Madame Pipi !

L’étang de Roger Foulon : un texte court au fantastique morbide.

Thierry Tillier livre un extrait de son journal Extravaganza : on sait que ça se passe un lundi, en janvier, que l’auteur lit et relit Erich Von Neff (vous connaissez ?), qu’il téléphone à Bruxelles,  mais on ne sait pas où ni quelle année. Il y en a trop ou trop peu pour rentrer vraiment dans le propos.

J’aime bien les haïkaï de José Chanly : Icône de Sainte Thérèse/ Grillage doré/ risque insensé/ (…) L’Homme sur la Croix/ Se désespère car le bois/ Insidieusement se consume/

Anne-Marie Girardot continue inlassablement ses « pensées » d’un numéro à l’autre et commence à me convaincre : Il est tard/ ma pensée/ fait le vide/ dans ma tête./ On dirait qu’elle veut prendre / ses distances/ porter seule/ un fardeau/ une chose triste/ difficile/ à comprendre./

Un texte sans titre de feue Marie-José Viseur auquel répond comme en écho celui d’Ariane François-Demeester. 

Une nouvelle « créature » que Xavière Remacle ajoute à son bestiaire : Le loup garou.

 Un peu partout entre les textes, des gravures d’artistes divers (Marjorie Mahieu, Jacques Assez, Jean-Marie Abel…) J’aime beaucoup celui plus abstrait de Francis de Bolle.

 En dernière page, Le Spantole recense les activités des artistes de Thudinie et l’on apprend que Roger Foulon a été élu à l’Académie royale de langue et de littérature . C’est dit. Sur un ton impersonnel, détaché, pudique. Cette revue est déroutante : ni édito, ni présentation des auteurs, ni critique littéraire,  ni entrée, ni sortie, rien, rien ….que des textes d’auteur, d’un bout à l’autre, en toute sobriété. Pourquoi pas ?

Xavière Remacle


Dans les numéros 314 et 315, Anne Marie Girardo, de l’association des artistes de Thudinie nous livre une réflexion en vers libres de 3 pieds. Thème : la pensée. Le résultat est déroutant : aujourd’hui/ la pensée/ que j’abrite/ se défend/ d’être esclave/ au service/ de ma vie… Je ne suis pas très convaincue par les poèmes philosophiques, mais Anne Marie Girardot me dit que l’erreur/ est humaine/ de même que/ la pensée

Cet exercice de style me paraît meilleur dans le n°314 avec un beau passage : je lui donne/ le silence /de ma vie/ la douleur/ d’espérer.

Je préfère de loin la " Fresque baroque de mon désir " de Pierre Jean Foulon à haute teneur philosophique lui aussi.

Xavière Remacle