Le foudulire International

Le foudulire International
Editions de la Cave littéraire
Ancienne mairie
38090 Villefontaine
France

Directeur de publication : Jean-Paul Morin

La feuille de chou internationale de la cave Littéraire, est une nouvelle revue née de l’initiative de la Cave Littéraire, lieu de rencontres poétiques et plastiques et bibliothèque poétique. La cave organise également des événements culturels comme des forums, des colloques, des salons, des festivals et récemment une idées " lumineuse " : la publication de poèmes sur les panneau indicateurs urbains .
La revue se veut plurilingue et européenne, ou comment construire par le biais de la poésie une identité culturelle européenne. Expérience à suivre.

 

Le foudulire n°2  : franco-grec

Des poètes grecs traduits en français sur la page de droite côtoient des poètes francophones traduits en grec sur la page de gauche. Les cultures se regardent. Il y a même un texte d’Alain Bernard où les deux alphabets s’entrecroisent. L’ a?faßeta rafraîchit de vieux souvenirs d’école.

Dans le prologue, Georges Hassomeris réagit à la (malheureuse ?) phrase d’André Breton : Cela fait plus de 2500 ans que l’Europe est occupée par la Grèce et son esprit. Il est grand temps de prendre nos distances. " Et de le traiter de " pape germano-latin du surréalisme !

Nykos Lygeros rappelle que le mot poésie est d’origine grecque, que dans la culture grecque la poésie est intimement liée à la chanson qui n’est pas la poésie du peuple mais la réalisation du concept. La poésie est l’idée, la chanson sa réalité. Les Grecs sont décidément des " intellectuels fiers de l’être " et comme dit Nykos Lygeros, chez nous la matière à penser est plus ancienne que le bronze.

J’avoue n’y rien connaître à la poésie grecque moderne. Parmi les auteurs grecs que je reconnais à la sonorité de leur nom (mais je peux me tromper), j’ai découvert : Alexandra Bakonika, Constantin Kaïteris traduit par lui-même aux Editions St Germain des prés, Constantin Cafavis (qui va bientôt paraître aux Editions Gallimard), Chloe Koutouzbelli, Tassos Livaditis. Dans l’ensemble leur poésie me paraît assez classique mais je juge d’après la traduction. J’aime surtout ce texte rédigé sous la dictature des Colonels, Nuit d’avril de Yannis Ritsos : si tous les mots n’étaient pas devenus des cailloux dans la bouche, / et si le petit rat n’était pas venu, sur le ciment, se promener entre les pots de yaourt en plastique vides.(in Les mur dans le miroir, Gallimard 1973)

Je reconnais certains auteurs francophones : Mimy Kinet, Jean-Michel Bongiraud. Je découvre aussi des noms : Sam Canarozzi, Françoise Beltrano,

Mon préféré, Cap’tain Achab Zorba l’Apocryphe : Nos masques/ sont gravés dans les pierres/ Nos vies/ en italique(s)/ sous le marbre de la mer/ Où une statue errante/ Evase/ Comme une amphore/ Gigantesque/ Le fond de l’océan/ Pour recueillir/ Le troupeau perdu/ De tous ceux/ qui firent/ Naufrage dans le néant.

Enfin, Elsa Berg, incisive et directe : Déjà ne suffit plus/ le cri des enfants qu’on tue/ dans le parkings des banlieues/ parce que leur peau a trop aimé le soleil / déjà l’alliance des chacals/ inscrite en rouge sur d’immenses troupeaux./ Déjà on se bouscule pour une place de bourreau.

Xavière Remacle