L'Echappée belle

C/o Nadège Fagoo
833 route de Méteren
59270 Bailleul
France

 Directeur de publication : Nadège Fagoo

 Une revue que Paul Van Melle qualifierait « de textes nus ». Cinquante pages de poèmes ou de textes poétiques sans accompagnement, c’est-à-dire sans articles de fond, sans rubriques critiques. D’aucuns disent que c’est « facile » (mais trouver de bons textes ne l’est pas !), d’autres disent que cela manque d’un point de vue à défendre etc.… Je trouve en tout cas que c’est utile pour la promotion des auteurs, surtout des jeunes. Si l’Échappée belle ne défend pas de « point de vue », elle défend certainement de très bons textes.


L’Echappée belle N°5

 La revue l’a vraiment « échappé belle »car j’ai failli la prendre pour ce qu’elle n’était pas. A cause de l’esthétique qui laisse à désirer, le choix de lettrages tarabiscotés dans le genre « art nouveau » (si au moins c’eût été « art déco »), et quelques mièvreries sur lesquelles je suis tombée par hasard, j’ai risqué de passer à côté de quelque chose. L’Echappée belle est une excellente revue qui contient de très bons textes à côté de quelques mauvais. On attend que la mise en forme soit à la hauteur du contenu, c’est-à-dire aussi moderne. 

Le poème « abécédaire » d’Hervé Merlot : Dans la salle de bain/ de l’eau/ des tuyaux de robinets/ de la vapeur/ et une baignoire/comme un navire cinglant/ vers les îles sous le vent/

L’histoire qui n’intéresse personne de Gérard Lemaire, m’a au moins intéressée, lectrice !

Jean-Louis Rambour très surréaliste: je tourne ma peau aux aiguillons des guêpes/ je reçois le jour la nuit aimablement/ un couteau à la main/

Deux beaux textes d’Alain Criel : Mort avant de mourir/ il faut vivre/plaies en bandoulière/

Echoes de J.P. Garard : Je reste/ A écouter ta voix, ta brèche de mon pauvre savoir.

Pascal Ulrich irrévérencieux comme il se doit : nous irons tous au paradis/ laver le parquet du bon dieu/(…) le verbe prend du gras…/ pas de plombs de rechange/ la matrice est morte/ et le rire incertain.

Jean-Christophe Belleveaux raconte l’étreinte des saisons

Un superbe poème court de Jacques Josse. Michel Chempendal parle de sexe avec beaucoup d’humour… et de poésie : que voulez-vous l’amour ça prend du temps et sa vulve, sa magnifique vulve, c’est son horloge, avec elle, on est toujours à l’heure, nous les hommes, raides d’émotions ! (…) La nuit les filles sont plus belles que les pierres c’est un fait attesté par tous les moines qui font le mur du couvent quand il n’y a pas de clair de lune.

Voici un numéro que j’aimerai relire et j’attends déjà le prochain…

Xavière Remacle