Inédit nouveau

 

11 av. du Chant d’Oiseaux
1310 La Hulpe
Belgique

Directeur : Paul Van Melle

inedit_nouveau.GIF (3985 octets) Une revue de poésie mensuelle ? On croit rêver. Un compte-rendu critique régulier des recueils et des revues ? On se pince.

On cherche un bataillon de rédacteurs stressés derrière le " comité de rédaction " et on trouve un couple exemplaire : Paul Van Melle incorrigible idéaliste, atteint d’indignation chronique pour l’injustice du monde et Jacqueline, discrète mais combien efficace dans le fonctionnement de cette revue qui persiste et signe depuis plus de 10 ans.

Le secret de cette longévité c’est que Paul Van Melle donne la priorité à la qualité des textes plutôt qu’à l’investissement matériel (une quinzaine de feuilles A4 agrafées). La présentation aérée d’un texte ou deux par page au maximum, une typographie classique, concentre l’attention du lecteur sur le texte.

Le choix des textes préserve l’équilibre entre la prose et la poésie) Inédit Nouveau est également attentif à l’actualité des cyberrevues et accueille régulièrement des auteurs présents sur les sites poétiques : Silvaine Arabo, Marcel Kopp, Isabelle Nouvel, Xavière Remacle... Pour mieux connaître ce revuiste de talent, visitez le site de Silvaine Arabo (http://www.multimania.com/mirra / ) qui nous en parle plus longuement et publie ces critiques littéraires.

 

Inédit Nouveau 139

 La poésie est en danger ! nous avertit Paul Van Melle pour la enième fois. Le lectorat se réduit comme une peau de chagrin au profit du roman et de l’essai, les auteurs se cantonnent à des chapelles, des groupuscules qui pratiquent allègrement l’autocongratulation. Où est la poésie vivante ?  Comment s’ouvrir ? Même si Paul Van Melle évoque le retour au courrier par le biais du courriel et des forums sur Internet,  même s’il apparaît sur le point de succomber aux sirènes de la toile, il se montre très pessimiste dans l’ensemble. Cet édito me déprime d’autant plus que j’apprends deux pages plus loin la mort de Marcel Kopp en mai dernier. Je comprends enfin pourquoi il ne réagissait pas à mes E-mails. Cher Marcel Kopp, incorrigible troubadour internaute qui nous avait fait le plaisir de fréquenter “ Ecrits vains ? ” les premiers mois de l’an 99.  Inédit Nouveau rappelle que le poète et traducteur belgo-américain était né à Bruxelles en 1940 et m’apprend par la même occasion qu’il a hanté les lieux de mon enfance (le parc Josaphat pour ceux qui connaissent Schaerbeek). Il a étudié en Suisse pour s’installer ensuite aux USA où il a animé des années durant des cafés poétiques. Peut-être son site est-il encore opérationnel.

 La poésie est en danger mais Paul Van Melle veille au grain, poussant le dévouement jusqu’à faire la recension critique de recueils INEDITS (qu’il reçoit dactylographiés). Sa façon à lui de lutter contre la commercialisation du monde de l’édition. Il se demande même si l’édition numérique n’est pas LA chance de la poésie car elle permet des tirages limités à moindre frais pour tester le marché. Les auteurs ont tout à gagner par ce procédé et l’on peut s’attendre à une réaction négatives des éditeurs et des libraires.

 Côté texte, les femmes sont majoritaires dans ce numéro. On peut dire que sur ce plan Paul Van Melle lutte aussi contre la tendance officielle ! Je suis très impressionnée par l’hommage rendu à Henri Michaux de Denise Maumus-Destin, Française vivant à Bruxelles : Et la matière molle levée en bouclier fait du corps engourdi un terrain de bataille, un champs d’expérimentation, une joyeuse nécropole ” (ex. Etats naturels de transparence)

Jeanine Dion-Guérin : Dans le silence tangible/ qu’on aimerait toucher/ des notes émiettées/ clament leur solitude

Ariane François-Demeester : L’écriture travaille/ loin de sa main/ au plus occulte de sa sève :

Marie Bataille : Mon œil forçait la transparence/ où tout était de nudité/

Arielle Pauwels : une fissure dans ma mémoire/ sépare ce qui fut/ et qui ne sera point/ Mon corps/ se résigne/ devant l’ultime solitude/ implose/ épuisé.

 Mon préféré, d’Anne Mounic : Poème : disposition/ d’esprit. Les yeux à vif/ sur l’ordinaire

 

 Xavière Remacle


Inédit Nouveau n°138

 Quand je reçois Inédit Nouveau, je m’attaque en premier à ses chroniques, ses billets d’humeur, sa critique de revues et de recueil. Dans l’éditorial,  il défend encore et toujours la qualité artistique qui selon lui finira par l’emporter sur le succès médiatique superficiel. Il rêve d’un vrai statut pour les artistes. (Une romancière belge s’est vue pénalisée parce qu’elle a rédigé son premier roman pendant qu’elle bénéficiait d’allocations de chômage).C’est dans la rubrique « Ceux du prochain siècle » qu’il évoque l’actualité poétique d’Internet. Son attention a été retenue par l’article de Leïla Zhour (qui fait partie de notre comité de lecture) sur Silvaine Arabo   (http://www.multimania.com/mirra). Il a également reconnu Pierre Posno sur Ecrits vains (l’édito de novembre). Paul Van Melle se souvient très bien de lui « jeune poète» préfacé par Constant Burniaux en 1967. Il a également apprécié le ton de l’édito de Jean-Michel Bongiraud.

Il a découvert le site de Jean-Marc Riquier « Faits contre faits » qu’il considère comme un site d’autoédition. Il se méfie (outre mesure à mon avis) de l’abondance des sites poétiques qui fleurissent de manière anarchique : Le risque est d’augmenter encore la difficulté de choix des internautes. Heureusement la qualité est ici sauvegardée… ce qui est loin d’être le cas dans l’abondance folle des sites vraiment trop personnels.

 En ce qui concerne les textes, je découvre avec plaisir des textes de Michel Joiret, Jean Chatard, Laurent Bayard, Gérard Pinsart, Claude Hamelin. J’apprécie tout particulièrement ceux de Silvaine Arabo : Ici/ le long d’interminables/ de sylvestres colonnes/ parfois/ irradient encore/ cette fièvre blanche…/

De Renée Laurentine : chercher un itinéraire / de paroles/ traverser des carrefours/ raturés d’échos/ franchir en clandestin/ les frontières du Verbe.

 Sur la couverture, une reproduction qui m’intrigue : les tableaux d’Hélène-Roy et les textes de Jean Chatard, les uns comme une bande image de film , les autres comme une bande son. J’ai envie d’en savoir plus. Paul van Melle précise que ce travail mené au Canada est tout à fait inconnu en Europe.

Xavière Remacle


Inédit Nouveau n° 137

Dans ce numéro, Paul Van Melle n'hésite pas à offrir à ses lecteurs un numéro "plus que double", dit-il et ce, malgré le surcroît des coûts d'expédition. Qu'il en soit remercié. Il tient à satisfaire le plus grand nombres d'auteurs possible, à proposer un éventail plus ouvert des différentes écoles et des différents tons. En lisant ce numéro, j'ai effectivement trouvé mon compte. Parmi les 73 auteurs publiés dans ce numéro, j'ai retenu quelques noms qui sont familiers aux auteurs du site : Céline Varenne, Silvaine Arabo, Jean-François Roger, Xavière Remacle, mais aussi une ancienne de notre site et non des moindres : Isabelle Nouvel. J'ai lu avec un immense plaisir les textes en prose de Marie-Anne Stevens et de Roland Nadaus. J'ai découvert un Paul Van Melle de talent qui a fort bien fait de céder aux pressions de ses amis. Son écriture est belle, sensuelle : 

"Comment subir le chatouillis des feuilles, comment se mouiller à la rosée descendue de l'herbe à la terre nue ? […] Restitue les ciels délicats lorsque l'ardeur solaire les rend durs. Il importe, il est important d'oublier le trop simple regard et de retrouver les sensations nocturnes."


Les textes en vers proposent des talents incontestables : Marie-José Viseur, récemment disparue, en août dernier 

"Ton regard me prononce 
 me façonne 
 bâtit son chaume autour de ma faiblesse 

 et je sais 
 qui tu es, 
 d'où tu viens, 
 tes mains nues sous 
 leur surplis d'horizons 
 je sais
 la baie 

 où nous inventerons ensemble l'océan.;

 Paule Domenech, bien connue du monde de la poésie ; Philippe Leuckx dont on peut lire un long poème se déroulant comme un beau serpent qui danse 
 Au bout d'un bâton
, aurait dit Baudelaire ; Jeannine Dion-Guérin, dont j'ai eu le plaisir de lire la poésie dans d'autres revues, notamment dans L'Ouvre-Boîte ; belle poésie aussi que celle de Pol Laurent, de Micheline Debailleul, de Lionel Mazari. 
J'aimerais pouvoir les citer tous, mais je préfère encore vous inviter à les lire vous-mêmes. Je promets à tous ceux qui aiment la poésie qu'ils ne seront pas déçus. 
Pour terminer, dans sa rubrique "A tous les échos", Paul Van Melle consacre quelques lignes au site "Ecrits… Vains ?" et fait savoir qu'il apprécie la musicalité de nouveaux auteurs : Jean Barbé et Florence Noël, ainsi que Christophe Kauffman. Un petit reproche aussi, qui devrait attirer l'attention des responsables de la mise en page : un interlignage excessif qui gêne la lecture. Jacques et Etienne, vous savez donc ce qu'il vous reste à faire, n'est-ce pas ?

Marie Bataille


Inédit nouveau N°136 octobre 99

Paul Van Melle se décolère pas contre l’injustice du monde. Il affirme dans son éditorial le pouvoir de résistance de la littérature, celle qui parle vrai et qui finit toujours par avoir raison des discours officiels.

Il propose dans ce numéro des textes dont la qualité est irréfutable. Mais je regrette de ne trouver dans ces pages que des valeurs sûres, des auteurs confirmés qui sont tous nés entre les années 20 et 40 : Jean Chatard, Armand Olivennes, Micheline Debailleul, Mélanie Lafonteyn, Jean-Michle Klopp, Pol Laurent. Cela pose question : où est la nouvelle génération ? Qu’écrit-elle de valable ? Quelle forme pour la poésie actuelle ? Ne peut-elle pas être reconnue par les anciens ?  Parmi les voix « jeunes », je remarque Carole Dailly, mais je suis plus convaincue par Laurent Billia : Si je résiste au froid/ Si les rires ne m’imposent un vêtement/ Enfin le silence du monde ?/ Le silence du monde/ Poème/ J’apprends mon alphabet/ Ce lumineux lendemain.

 Dans la rubrique « A tous les échos », Paul Van Melle récuse le clivage « prose / poésie » et préfère la distinction textes longs/textes courts. Inédit Nouveau accueille les textes courts.

 Paul Van Melle réagit au mot du comité du site "Ecrits… vains ?" (l’insoutenable légèreté du web). Il loue notre effort de sélection mais nous promet bien des difficultés avec les poètes qui croient que tout leur est dû.


Inédit nouveau n° 135

Paul Van Melle écrit à la grande poétesse belge, Marie-José Viseur, décédée récemment. Il évoque leur amitié, sa collaboration aux activités du GRIL, sa fidélité à la revue Inédit nouveau à laquelle elle envoyait régulièrement des textes. Il préfère se souvenir de ses vingt trois livres plutôt que de ses quatre-vingt quatre ans.

Ce numéro 135 est à la hauteur de la poétesse à qui Paul Van Melle rend hommage. Beaucoup de bons textes ! Surtout ceux de Marcel Hennart, Gérard Pinsart qui compare les mots à des arbres (Mes mots ont disparu dans un incendie de forêt),Bernard Schürch (M’habite la nuit,/ Déserté de moi-même/ s’égarer/ vers des terres d’outre-monde,) un court texte en prose (La Machine) d’Alain Tchungui dont j’avais remarqué l’humour dans un numéro précédent. Un autre, J’écris, je crie de Marc Bochet. Marie-Anne Stevens évoque le plaisir de lire de la poésie : Je lisais, / chaque phrase du poème se brisait de douleur / Je lisais/ et chacun de mes nerfs connaissait l’apaisement./

Nous retrouvons également Céline Varenne et Marie Bataille dont j’apprécie particulièrement " fusion " : Et dans la force même du silence/ on entendait gronder les eaux jubilatoires/ A la bouche des pluies/

 

Dans ses notes, Paul Van Melle fait écho aux dernière publications. Il regrette le changement de format des éditions des Carnets du dessert de lune (mais moi j’aime bien…). Sous la rubrique " cyberrevues amies ", il parle du site de Silvaine Arabo et … d’Ecrits vains, avec plus de détails que la dernière fois. Pas facile pour quelqu’un qui n’a pas Internet. Merci Paul Van Melle !

Xavière Remacle


 

Inédit nouveau N°134 septembre 99

Dans l’édito, Paul Van Melle s’amuse des superstitions que l’approche de l’an 2000 et autres éclipses a réveillées. Saluant la sortie du livre " Pour une apologie de Pierre Corneille " de Jean-Paul Mestas (la revue Jalons), il met en garde contre… l’avant-garde. Il se défend bien sûr d’être ringard, mais invite à se méfier du snobisme en la matière. Un bon moderne maîtrise ses classiques.

Dans ce numéro Paul Van Melle semble avoir décidé de présenter un peu plus longuement ses auteurs parmi lesquels Silvaine Arabo, Paule Domenech, Marie-José Viseur, Paule-Marie Duquesnoy, Yamina Mouhoub (épouse de Claude Hamelin). J’aime beaucoup les textes de Micheline Debailleul : Quand le soleil s’efface/ les chemins se rétrécissent/ jusqu’au tréfonds des consciences/ le style inclassable de Patrick Devaux : une nausée/ de couleurs/ dans les regards/ deux poètes belges que je verrais volontiers sur le site Ecrits vains. Ceux de Yamina Mouhoub aussi d’ailleurs : quand la douleur/ se loge/ au creux de la raison/ quand la raison / se perd/ au fil des questions/…

Dans la rubrique " sites ", Paul Van Melle parle un peu mais TROP peu de Marie Bataille et du site Ecrits vains. A quand des échanges de textes et d’auteurs ? Je ne peux que le souhaiter.

Xavière Remacle


Inédit Nouveau n°133

Dans l’éditorial, Paul Van Melle évoque les revues qui ont la chance de durer. Il en voit de deux sortes : celles qui se consacrent à la recherche et celles qui privilégient l’accueil aux nouveautés. Il insiste sur la nécessité d’être " libre de ton " et ajoute : la chance des revues c’est d’être choisies pour ce qu’elles tentent et non pour leurs moyens financiers. A chaque revue de trouver son lecteur. Il se réjouit des nouvelles possibilités offertes par Internet, mais, avec Yves Heurté (qui s’exprime sur la question dans Le Carnet Interdit), il s’inquiète de ce que la visualisation sur écran lumineux n’incite guère à intérioriser la lecture.

Parmi les poèmes, je relève ceux de Yannick Girouard, de Roland Nadaus, de Marian Nakitsch (Croatie), de Paul Laurent, animateur de la revue " L’Arche d’Ouveze " : ici le vent ne pénètre/que dans l’effroi/les murs soutiennent le regard/et les ombres porteuses/accusant toute verticale dérive/marquent un somme de long égarement/

 Xavière Remacle


Inédit nouveau N°132

Un éditorial émouvant où Paul Van Melle dévoile pudiquement un peu de ses souffrances, les épreuves qui ont jalonné sa vie bien remplie et pourquoi il reste persuadé qu’il faut rester optimiste au travers des pires drames.

Un beau poème de l’Ukrainien Yurij Zavhorodnu : le soleil/les pluies/le vent/évitent le village mort/la dernière lettre de son nom/brûle se consume/ (…) puis de nouveau revient cet éternel/comment et qui tracera la limite/entre la vérité et le mensonge/

L’orthographe française vue par Alain Tchungui (français d’origine camerounaise) dans un texte plein d’humour.

Je reste une inconditionnelle de Marie-José Viseur, une grande dame de la poésie belge (née en 1915). Ce qui m’impressionne, c’est l’égalité de son talent de texte en texte. Je ne résiste pas au plaisir de citer un long passage : Se réfugient dans tes yeux/mes patrimoines/mes glèbes/mes broussailles/l’humus de mon terroir/ l’évangile de ma route/ Mon paquebot aux routines des eaux/ et cette poigne d’angoisse/au bord/du naître et du renaître en d’autres continents/qui ne me reconnaissent.

Je retrouve aussi avec plaisir " soledad " d’Isabelle Nouvel, extrait de " Champs Obscurs ".

Xavière Remacle