LES HOMMES SANS EPAULES

 

Directeur de la publication : Jean BRETON
Rédacteur en chef : Alain CASTETS

Comité de rédaction (n° 13) : Alain BRETON, Jean BRETON, Alain CASTETS, Christophe DAUPHIN, Paul FARELLIER, Yves ROS, Elodia TURKI.

Réalisation, composition : Elodia TURKI

Siège social : 23, rue Racine. Paris 75006

Abonnement : semestriel / 2 numéros 22 € (35 € pour l'étranger), 23 rue Racine. Paris 75006

Les Hommes sans Epaules est une revue publiée conjointement par l'Association Le Pont de L'Epée, dont le siège est à l'adresse de la Librairie-Galerie Racine, et par l'Association Les Hommes sans Epaules, dont le siège est au 4, rue Léon-Delagrange, 75015 - Paris.

Internet : Yves ROS : yves.ros@wanadoo.fr

Site LGR : http//www.librairie-galerie-racine.com

e.mail LGR : lgr@librairie-galerie-racine.com

Voilà une revue de poésie de haute volée, au parcours prestigieux, orchestrée avec talent par Jean Breton, Alain Castets et leur équipe.

Nous découvrons actuellement depuis 1997 la troisième série de la revue Les Hommes sans Epaules : la première série, parue à Avignon puis à Paris, de 1953 à 1956 (neuf numéros) sous la direction de Jean Breton; la seconde, parue à Paris de 1991 à 1994 (onze numéros) sous la direction d'Alain Breton.

Les Hommes sans Epaules :

" Nous sommes toujours dans une "guerre du feu". La tribu des Hommes Sans Epaules avait élu en son sein la poésie comme force de vie essentielle. Ce souffle est venu de la Librairie-Galerie Racine. Après la mort dramatique de Guy Chambelland, qui aurait pu entraîner la disparition de l'un des derniers lieux de poésie vivante, l'association Le Pont de l'Epée, qu'il avait fondée, a relevé le défi."

En effet la revue Les Hommes sans Epaules accueille la poésie tout entière, sans esprit de clan ou d'école, sans ligne éditoriale sclérosante. Sa longue expérience ajoute une preuve, par le temps, à sa qualité et au talent des poètes qui y créent. Depuis son numéro 11, elle est devenue un des flambeaux incontournables pour la défense de la création poétique contemporaine contre les impostures (ouvrant ses pages à Clarté-poésie qui rassemble plus de 80 groupements poétiques.)
 
La sélection des textes y est rigoureuse, exigeante mais très chaleureuse et ne négligeant ni le patrimoine ni les sensibilités nouvelles. En particulier, depuis le numéro 13, Christophe Dauphin anime une rubrique consascrée exclusivement à la découverte des jeunes poètes.
 
" L'exigence de l'écriture s'accordera à l'authenticité et à l'émotion sans perdre de vue le bien-fondé et le sérieux des  repères. Nous ne tournerons pas le dos à la passion et à l'humour."

Oui, car il arrive que certains poètes ne puissent se passer de passion et d'humour à travers les mots qu'ils offrent en partage.

Vous l'avez compris, cette revue est en marche, à hauteur de la poésie tout entière. Autour de 150 pages environ pour chaque numéro... Je vous invite donc sans hésiter à la découvrir, si ce n'est déjà fait. 

 

Second semestre 2001, numéro 11 (troisième série)

Illustrations R. Topor.

Ce numéro s'ouvre sur l'éditorial du 25 août 2001 d'Alain CASTETS. A la vigie, il nous signale une zone de turbulences en territoire poétique - à ne pas nier ou ignorer. En effet, une "Nouvelle Poésie" s'auto-proclame "La Réalité Poétique Contemporaine" et tente de bâillonner et de nier "le chant poétique, tout le champ de la vraie poésie dite lyrique et subjective" au nom d'une "conscience impersonnelle supérieure".

Idéologie d'exclusion ? La voie unique on le sait est souvent sans issue. L'essentiel est donc de continuer sans népotisme à donner la parole à toute la poésie et de faire en sorte qu'un débat "légitime, puisse se mener à fond et sur le fond, avec des tranchants incontournables, et sans faux-semblants. (...) Car il s'agit bien de défendre l'identité et l'existence de la poésie". A ce propos je vous renvoie à Clarté Poésie, le Comité de Liaison Des Associations, Revues et Editions de Poésie (lgr@librairie-galerie-racine.com) et vous invite à vous informer de ce qui se joue actuellement du côté de la poésie.

La rubrique Porteurs de Feu pour ce numéro propose Patrice Cauda (1922 - 1996) avec La Mère défiguée dont Jean Breton écrit qu'elle est pour lui l'un des plus beaux poèmes du demi-siècle écoulé. Dans cette rubrique également, Gaston Puel, qui vit "loin du monde".
 
Ainsi furent les Wah : avec d'excellents poètes à découvrir, comme Jean-François Delapré, Jean-Louis Depierris, Isabelle Guiguou, Lionel Lathuille, Annie Le Gall, Jean-Dominique Rey, Georges Sédir et Alain Simon :
 
 
Message troublant
 
 
Sur un mur de métro, sur un bout de journal
déchiré, sur un vieux programme
quelques lignes. Lues de travers, hâtivement.
 
La phrase est mutilée, ces mots n'ont pas de sens
ou en ont trop. Leur voisinage
surprend. Naït une image étrange.
 
Parmi les je-sais-tout et les trop sûrs d'eux-mêmes,
certains, qui luttent au hasard, ont éprouvé
un bref malaise, un dégoût vague,
un choc troublant leur inconscience
- galet lancé dans leur eau tiède.
 
D'autres qui pensaient n'être rien
respirent mieux, vivent plus haut
et redressent la tête, épurés, délivrés
comme si remontaient de l'abîme un pardon,
un réconfort, un évangile, une promesse.
Pour eux les mots réconciliés sont harmonie
et signe.
Tous avaient sans la reconnaître
touché la poésie. Tous en furent brûlés.
 
Georges Sédir
 
 
Nous continuons notre lecture avec une présentation de ce brulot, Jean-Pierre Duprey, Le sang craché de la vie, l'archange de la jeunesse révoltée, par Christophe Dauphin dans la rubrique Une voix, une oeuvre : des inédits, Le Sommeil de Brouillard, Maladie.
La poésie de Jean-Pierre Duprey, "Territoire élu du mythe, de l'angoisse existentielle, du Merveilleux, du Fantastique onirique, incarne une remarquable et douloureuse alchimie des deux faces de l'artiste : le noir et le feu,
 
- Quand j'aurai l'âge de la poussière je sortirai de mon enveloppe, je mangerai le ciel, je boirai l'ombre des pierres, j'avalerai jusqu'à ma propre écorce, car les tombes ont l'âge de la nuit - "
 
Toujours par Christophe Dauphin, dans La Poésie et la Mémoire :
Pierre Reverdy et Claude de Burine.
 
Rires et coups de griffes :
Roland Bacri (Les Pensées, Le Cherche-Midi éditeur, 1979) :
Quelques exemples... "Le temps passe et fait mes rides", "A en croire ces Darwin de canapé, l'homme "descend du songe".
 
Autre rubrique où il est question de coups : Coups de feu, coups de phare  : "La novPOESIE contre la poésie" par Alain Castets et un objet-langagier  "A pas la bêche à la ligne" de Crista Téfin.
 
Alain Castets écrit,
 
Le Béton et la Courte Paille, analyse d'une imposture totalitaire : La novPOESIE contre la poésie.
 
Son article débute sans équivoque par Georges Orwell, 1984, puis il enchaîne sur le dossier du Magazine littéraire de mars 2001 proclamant la "Nouvelle Poésie". Nous ne pouvons vous proposer l'article dans notre présentation de la revue car il est dense et substantiel (36 pages), ni vous en citer seulement des extraits (ce serait dommage). Le communiqué de fondation de Clarté-Poésie en résume bien les enjeux (voir notes finales).
Je vous invite expressement à en prendre connaissance dans sa totalité en vous procurant le numéro 11. Cet article de fond vient en prolongement de ce que le poète énonce dans son éditorial.
 
Enfin, ce numéro 11 s'achève sur les rubriques Dernière minute et Avec la Moelle des arbres (Les chroniques de Jean Breton, Christophe Dauphin, Jean Dubacq et Paul Farellier). En dernière minute, Jean Breton et Alain Castets nous proposent Réponses aux questions d' Aujourd'hui Poème :
 
6- "La vérité dans la poésie ?" La poésie ne prétend à aucune vérité scientifique, sociale, culturelle, etc. Elle se meut dans le chant de la relativité totale (être humain, ô grand inconnu de la science !). Elle ne malaxe ni ne transmet que la vérité mouvante de l'expérience intérieure. Faut-il encore savoir saisir cet "intérieur" et savoir justement le malaxer.
 
 
 144 pages illustrées par Topor, une couverture claire et sobre, des articles de fond, des voix à découvrir... Je vous invite maintenant à la lecture des différents numéros de la revue Les Hommes sans Epaules ou même, à vous y abonner. Le format est très agréable - je précise que la conception et la mise en page sont réalisées par Elodia Turki dont ça n'est pas le seul talent - elle est surtout poète !

Je vous souhaite une belle exploration de cette remarquable revue de poésie.

Mireille Disdero-Seassau

 

Note : Communiqué de Clarté-poésie (Comité de Liaison des Associations, Revues et Editions de Poésie) : Poésie f'rancophone en danger. non à l'imposture !

La poésie francophone est Irlcnacée. CLARTÉ-POÉSIE I tire le signal d'alarme aupres de tous les amis de la po~sic ctdc la cuJturc. Un front d'idéologues-langagiers -fort de positions universitaires, revu i stes, culturelles, médiatiques, politiques, avec des relais dans la grande édition, dans la grande diffusion et dans les organismes culturels financiers ­entend profiter de son pouvoir et de ses amis au pouvoir pour identifier, auprès du grand public, « La » poésie contemporaine à leur « nouvelle Poésie2 » se réduisant à des « dispositifs technico-sonores-objectivistes-insignifiants», hors de toute activité sensible de l'être. Une mystification !

Ce front affiche sa volonté de casser le chant poétique (dénoncé comme « littérature...purement décorative du discours dominant »). Il a entrepris d'éliminer, de la presse et des anthologies, la voix personnelle, subjective, lyrique des poètes (jamais pléiade ne fut pourtant si belle) au nom d'une prétendue « résistance au système... (par) la révolution ontologique... d'une conscience impersonnelle supérieure » (sic) .Il projette ainsi J'ombre d'une imposture totalitaireJ abusivement qualifiée de «révolutionnaire». Voudrait-on étouffer la poésie, du creur à la conscience et jusqu'au rêve, qu'on ne ferait pas mieux! Mépriser, censurer, nier l'expression poétique de l'expérience sensible de l'être humain, noyau de sa liberté, n'a rien de nouveau, rien de moderne: c'est le vieux fonds des idéologues totalitaires qui ont besoin -comme Orwell l'a montré avec la novlangue, dans son roman, 1984- de marteler une langue de bois (ici, du béton !) et de manipuler le langage.

CLARTÉ-POÉSIE appelle les amis de la poésie à soutenir ses geysers de liberté sur le terrain dithcile de la création poétique. CLARTÉ-POÉSIE appelle ces demiers à intorrner ensemble un large public comme à mettre en oeuvre des initiatives communes pour illustrer, diffuser et faire vivre avec éclat les sensibilités, personnelles et aulherlliques, àe la poésie contcmporaine.

Le comité Clarté-poésie est actuellement soutenu par plus de 80 groupements poétiques (une première dans notre histoire littéraire) et a convoqué la première assemblée nationale de poètes et groupements poétiques concernés pour le samedi 5 octobre 2002, à Paris, de 13 h 45 à 18 h, à Paris (14, rue Abel, Paris 12°, métro Gare de Lyon).