Bleu d'encre

 

 Revue littéraire de la Haute Meuse
43 rue d’Anseremme
55000 Dréhance
Directeur de publication : Claude Donnay

 

Nouvelle revue de « textes nus » fondée par Claude Donnay, ancien collaborateur de la revue RegArt qui n’a pas survécu à la disparition de Mimy Kinet son animatrice. Sa situation en Haute Meuse ne cantonne pas la revue « Bleu d’encre » à la poésie régionale, que du contraire. Même si elle accueille dans ses pages une majorité d’auteurs belges, elle annonce que «toutes les voix connues et moins connues auront leur place ».

 

Bleu d’encre n°2

Beaucoup de noms familiers viennent soutenir cette revue naissante : Paul Van Melle, Slaheddine Haddad, Jean-Christophe Belleveaux, Alexandre Karvovski, Jean-Claude Tardif, et Aki Roukas, Jean-Claude Tournay, Sigrid Vebert, Rem, François-Luc Moës, Marie Evkine, Camille Delnoy, Patrick Jocquet pour citer tout le monde. 

Dans le tas, un texte étonnant de Paul Van Melle : le « désordinateur ». Je souris, connaissant sa méfiance à l’égard de la cybernétique : Je veux être  ou redevenir le désordinateur que je fus au temps des grand textes dont le secret s’est perdu dans d’autres automatismes, robotiques ou pire.

 Camille Delnoy : Dans l’indifférence de vos pas/ mon regard se délave/ mes cris s’éventrent / mes gestes  se fanent/  mais ne s’effacent pas./ Les idées se consument/ à la cire des mots/ Souffreteuse/ naît/ l’étincelle qui en témoigne/

L’humour du Bestiaire de Jean-Claude Tardif : L’iguanodon/ c’était un gros lézard doué/ comme son nom l’indique/Sans jamais faire d’histoire/ c’était avant les mots/ il était clerc de nos terre/  ou plus rarement/ clerc de lune à Maubeuge/

 J’aime beaucoup Aki Roukias C’est la douleur qui guide ma main pas son absence/ Tu as suivi les lignes d’un train qui décousait ton enfance/ Jean-Christophe Belleveaux :  un morceau de ciel aperçu par la fenêtre/ un arbre sans doute ponctue le paysage/ les hommes habitent des maisons – ce mot devrait être rassurant ;

Ce sont les textes de François-Luc Moës qui m’impressionnent le plus : Allez savoir s’il importe des soupeser/ de sa berge à soi/ le poids l’emprise et le pouls/ du courant/ s’il convient / d’aller affouiller l’arche d’autrui /

Xavière Remacle


Bleu d’encre n°1

Claude Donnay dédie ce premier numéro à la regrettée Mimy Kinet. Il lance un appel aux auteurs et surtout aux lecteurs pour le suivre dans l’aventure d’une revue « de plus ». Beaucoup de bons auteurs et une grande égalité de textes : Mimy Kinet, Claude Donnay, Hélène Dorion, Colette Nys-Mazure, Michel François Lavaur, François Lison-Leroy, Jean Chatard, Jacques Merckx, Philippe Leuckx, Fatima Bouchiki, Agnès Henrard, Jean Joubert, Gérard Cléry. J’ai le coup de foudre pour l’humour de Jacques Merckx. Les textes de Fatima Zohra Bouchiki, présentée comme « voix nouvelle » sont prometteurs.

J’ai glané de beaux passages, chez Pierre Schroven Un oiseau s’inquiète d’une corolle/ Il a perdu le langage des fleurs/ Dans la soie mauve d’un baobab/ chez Françoise Lison-Leroy Le chagrin va son pesant d’eau/ entre les allées singulières/ chez Claude Donnay De peur et de nuit/ l’âme en couteau/ fichée au défaut de l’aisselle.

 

Au-dessus du lot, les huit textes de Jean Chatard illustrés à la plume par les figures diablotines de Claudine Gouc : « C’est maintenant que nous ouvrons l’ennui (pour tout dire inquiétant lorsque l’heure brisée recompte ses oublis) et si la main donnée génère trois pénis c’est pour trois fois souder la semence à l’avril »

Xavière Remacle