Autre Sud

 

Autre Sud
Editions Autres Temps
97 avenue de la Gouffonne
13009 Marseille

Directeur de publication : Gérard Blua

Une revue solide, dense et très complète (une moyenne de 150 pages) qui présente chaque trimestre les rubriques suivantes : Un dossier consacré à un auteur, Espace méditerranéen, Partage des voix, Voix d’ailleurs, Tribune libre (article sur une question de société), Mise en scène (actualité du théâtre) , Chroniques et notes (critique des publications). Autre Sud ressemble décidément à la ville de Marseille : méditerranéenne de sensibilité et cosmopolite de vocation.

 

Autre Sud juin 1999

La revue débute avec un dossier (50 pages) sur Frédéric Jacques Temple, poète et romancier du Languedoc, grand ami d’Henri Miller et de Blaise Cendrars mais surtout grand voyageur devant l’Eternel: poèmes inédits, entretien, analyse de son œuvre. Une journée lui sera consacrée à l’université de Paris X – Nanterre, le 27 novembre 99 - salle G614, renseignements : 01 40 97 76 70 (A bon entendeur…)

L’espace méditerranéen accueille entre autres Frederico Mayor, plus connu pour ses fonctions de directeur général de l’UNESCO et de député européen que pour ses œuvres poétiques qui révèlent une âme idéaliste : L’immense leçon/ que vous nous avez donnée/ a été de sortir/ bras ouverts/ pardonnant,/ le cœur/ attendri/ donnant le miel/ de votre amour/ à pleines mains./ On comprend, à la lecture des extraits choisis par Autre Sud, pourquoi Frederico Mayor a été gratifié du prix Gibran Khalil Gibran par l’Institut arabo-américain.

Dans la rubrique " Partage des voix ", Carmen Mihai retient mon attention : l’ombre que je suis/ se prépare/pour entrer en lumière/ et alors/ mes rêves tomberont comme des écailles/ Dans la poussière/ sur laquelle/ je me suis appuyée/ pour arriver jusqu’à toi/

Egalement, le poète belge Yves Namur : L’esseulée/ Elle est la lumière du jour/ Elle est aussi la brûlure du jour (…)Elle est l’esseulée/ Mon poème fluide et mon poème solide/

" Voix d’ailleurs " présente une première en Francophonie : des textes de Cassian Maria Spiridon traduits par Jean Poncet. Né en Moldavie roumaine, ingénieur et inventeur de profession, il est arrêté en 1989 par la Securitate, pour avoir participé au soulèvement contre Ceausescu. Un bref séjour en prison réveille sa vocation de poète et depuis 1990, il se consacre entièrement à la littérature, fonde plusieurs revues et publie huit recueils de poésie dont trois ont été primés. Une écriture empreinte d’angoisse et de lucidité désespérée : J’ai écrit un traité / sur la mort/ sur l’essence et sur le vide/ tout un décalogue de l’amour/ un essai sur la peur (…) j’ai tout brûlé/ et je bois la cendre/ matin et soir/ jour et nuit/ (…) solitaire et lumineux/ respectueux des dix commandements/ je me satisfais du désert/

" Tribune libre " aborde un sujet grave avec Gilbert Schlogel qui réfléchit sur le droit à l’euthanasie à distinguer du " droit à la mort ". Il insiste sur le fait que les mourants réclament rarement la mort en elle-même mais plutôt la suppression de la souffrance. Tous désirent rester vivants le plus longtemps possible : faute de savoir empêcher la mort, au moins trouvons ensemble le moyen de s’en approcher sereinement. Il cite la psychanalyste Marie Hennezel : respecter le mourant et la qualité du temps qui lui reste à vivre.

Médecin, Gilbert Schlogel, adopte une position claire : en cas de mal incurable, il donne la priorité au confort du patient même si ce confort peut lui raccourcir la vie. Mais dans tous les cas, si ce confort est assuré, il se fait un devoir de maintenir la vie le plus longtemps possible : La marche vers la mort est un état qui nous attend tous, comme une maladie malheureusement inéluctable que le corps médical doit apprendre à traiter, sans honte, sans déni, avec courage et compétence.

Xavière Remacle